Les dunes d’Hatainville
D’herbes et de sable
Le département de la Manche possède un des rivages les plus étendus de France avec 355 kilomètres de côtes. Littoral varié, suite de dunes, de falaises, de plages, d’herbus des baies et des havres, tous riches en faune et en flore à protéger. Nous allons nous pencher ici sur l’un des plus vastes et plus impressionnants massifs de dunes fixées du littoral français, les dunes d’Hatainville.
Le massif dunaire, partie sud, vu du Cap de Carteret. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Petit historique des dunes
Une étude est actuellement en cours pour mieux comprendre l’historique des dunes de Normandie, mais la formation générale est déjà perçue.
Au cours des périodes de glaciation, la Normandie avait un climat identique à celui des pôles et, les eaux des mers s’étant retirées sur une hauteur de quelque 130 mètres, la Manche était à sec. La dernière glaciation remonte à environ 30 000 ans. Avec le réchauffement du climat, débuté il y a 16 000 ans, la Manche fut de nouveau rapidement pleine et le niveau des eaux se stabilisa il y a 6 000 ans environ, même si des périodes de retrait ou de montée ont pu être observées. C’est à partir de cette stabilisation qu’ont pu être enclenchés les phénomènes de création des dunes. Divers facteurs ont favorisé cette formation :
« – Une côte rectiligne perpendiculaire aux vents d’ouest ;
– Une faible pente sous-marine ;
– Une forte amplitude de marée ;
– Une grande abondance de matériaux accumulés en avant de la côte lors de la dernière période glaciaire.1 »
La vieille église Saint-Germain à la Rouelle, abandonnée depuis très longtemps, était entourée d’un cimetière enclos dont on aperçoit encore les traces. Les ruines qui nous restent remontent pour les plus anciennes à la période romane et pour les autres aux XIVe et XVe siècles. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
À chaque marée haute, la mer remue les limons, déchets organiques et le sable et, à marée basse, l’estran est soumis au vent qui pousse le sable vers les terres. Ce sable est alors bloqué par la végétation et s’amoncelle progressivement pour former peu à peu des dunes. Petit à petit, la végétation prend possession de ces dunes en formation, les fixe et évolue avec elles. Au cours de sa mise en place, le massif dunaire passe par diverses phases, de la dune embryonnaire à la dune vive, pour aboutir à une dune fixée en cours d’érosion. Plusieurs cordons sont ainsi créés et le massif peut s’étendre sur plusieurs centaines de mètres dans les terres. Ce fut ainsi le cas des dunes d’Hatainville qui grignotèrent sur les villages proches, engloutirent un moulin (le moulin de Douit), une route, des champs… et nombre des doléances de la Révolution ont trait aux dommages causés aux habitants.
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Notes
- Galloo Thierry, « Côte ouest, des plages et des dunes », La Manche sauvage, édition Ouest-France, Edilarge, 2000, p. 41-51