Arques-la-Bataille – Le château invincible
Sur son étroit promontoire rocheux, le château d’Arques-la-Bataille près de Dieppe ne se dévoile pas immédiatement aux yeux du visiteur débouchant de la plaine. Il faut s’en approcher et grimper sa côte abrupte pour l’admirer dans toute son imposante stature. Mais alors, en supposant que vous soyez un attaquant d’antan, arrivé au faîte de ce gigantesque fossé, vous êtes de suite repéré… et la cible des arbalétriers.
Le château d’Arques-la-Bataille avec le donjon au sud-est. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)
Le château-fort moyenâgeux d’Arques était réputé pour son invincibilité. Jamais au cours des siècles il ne fut pris de vive force. Combien de rois et d’hommes de guerre s’y sont frottés sans succès ! Dont parmi les plus célèbres Baudouin, comte de Flandres en 1118, Philippe Auguste en 1202, Charles le Téméraire en 1472, et le duc de Mayenne en 1589 face à Henri IV avec des forces pourtant cinq fois supérieures en nombre au cours d’une célèbre bataille…
Aujourd’hui ce château redoutable n’a plus que des chicots en guise de denture. Car il n’est plus que ruines, avec malgré tout des murs d’une formidable épaisseur, indestructibles, et des moignons de tours, énormes, qui lancent vers le ciel leur défi insensé. Le plus triste dans l’histoire de cette citadelle, c’est que ce ne sont pas les combats ni les assaillants qui l’ont réduite en cet état misérable au XVIIIe siècle, mais des hommes avides de pierres qui l’ont démantelée pour bâtir leur maison et même des nonnes pour reconstruire leur couvent. Mais tel qu’il s’impose encore, dans toute sa majesté, en dépit des ronces qui sournoisement tentent de l’envahir – ce qu’aucun ennemi n’a jamais réussi jusqu’alors – ce château délabré force le respect. En tous les cas, il reste un des plus intéressants témoins de l’architecture militaire normande de son époque.
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