La Normandie, berceau de l’impressionnisme ?
Par le passé, on a souvent considéré l’impressionnisme comme un courant pictural essentiellement parisien, simplement héritier de la très fameuse école de Barbizon, en forêt de Fontainebleau. C’est méconnaître la dette contractée vis à vis des romantiques anglais puis français et plus généralement le rôle crucial que joua la Normandie dans la révolution créative. Le festival Normandie impressionniste, devenu désormais un rendez-vous incontournable, rend depuis 2010 justice à notre région !
Lumières féerique en baie de Seine, l’un des hauts lieux de l’impressionnisme. Les peintres impressionnistes étaient des chasseurs de couleurs et de lumières changeantes. (© Stéphane William Gondoin)
En réaction à certains excès de l’art baroque et de ses dérivés (rococo, rocaille), se développe au milieu du XVIIIe siècle un courant artistique prônant le retour à la pureté des formes selon les standards antiques, que l’on nomme néoclassicisme. En peinture, le maître incontesté de cette tendance est Jacques-Louis David (1748-1825), qui puise essentiellement ses sujets dans l’histoire de la Grèce ancienne ou de la Rome antique (Le Serment des Horaces, Léonidas aux Thermopyles…). David s’intéresse également aux grands événements de son temps. Son trait sûr et net donne une dimension épique ou tragique à Bonaparte franchissant le col du Saint-Bernard, à Marat assassiné gisant dans sa baignoire, au Sacre de Napoléon. La recherche des couleurs reste secondaire dans son œuvre et les paysages, lorsqu’il y en a, ne servent que d’arrière-plan à la scène principale. Alors que les décors naturels sont magnifiés par les Hollandais et les Flamands depuis le XVIIe siècle, la pensée dominante en France à propos des paysages tient en cette formule, émise en 1796 dans Lettres critiques et philosophiques sur le Salon : « Je ne vous dis rien du paysage ; c’est un genre qu’on ne devrait pas traiter ».
Romantiques et naturalistes entrent en « Seine »
Pendant les guerres révolutionnaires et napoléoniennes, les échanges entre la France et l’Angleterre – historiquement toujours très compliqués – se sont totalement interrompus. Après la défaite de Waterloo (18 juin 1815) et la chute du Premier Empire, des relations plus apaisées reprennent entre les deux Nations et une kyrielle d’artistes britanniques débarque, au cours de la décennie suivante, palette et pinceaux sous le bras, sur les quais de Dieppe ou du Havre.
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