Vallée de l’Oison

La balade de tous les records…

La plus petite mairie de France qui figure dans le livre Guinness des records et des saints guérisseurs comme s’il en pleuvait. Ce circuit au départ de La Saussaye, dans la vallée de l’Oison, n’a pas fini de vous surprendre !

Balade dans la vallée de l'Oison : La Saussaye ; Saint-Germain-de-Pasquier ; La Harengère ; Le Bec-Thomas ; Saint-Pierre-des-Fleurs. La mairie de Saint-Germain-de-Pasquier est la plus petite mairie de France.(© Christiane Lablancherie)

Balade dans la vallée de l’Oison : La Saussaye ; Saint-Germain-de-Pasquier ; La Harengère ; Le Bec-Thomas ; Saint-Pierre-des-Fleurs. La mairie de Saint-Germain-de-Pasquier est la plus petite mairie de France.(© Christiane Lablancherie)

Mis à jour le 18 décembre 2025 à 15:48

Un sol à saules

La Saussaye fait immédiatement penser à cette pluie sournoise qui s’abat parfois sur le randonneur, même s’il n’y a aucun rapport. Le nom est très ancien : on le trouve dès 1179 sous des formes aussi variées que La Saulcée, La Sauçoye, La Chaussaye. Il proviendrait des nombreux saules qui poussent spontanément dans les terre humides et argileuses du secteur.

Pour bien appréhender la commune, le mieux est de vous y introduire en franchissant une arche de pierre : la porte d’En-Haut. Vous longerez une enfilade de jolies maisons normandes à colombages et arriverez au pied de la collégiale Saint-Louis. Fondée en 1315 par Guillaume de Harcourt, seigneur de La Saussaye et ami du roi Philippe IV le Bel. Il y installa dès l’origine un chapitre collégial, une assemblée de chanoines indépendante de l’autorité épiscopale.

Le souvenir des chanoines

Durant plusieurs siècles, les treize chanoines firent la pluie et le beau temps à La Saussaye. Ils y menaient une vie d’oisiveté, entretenus par les notables et les paysans, corvéables à merci. Ils se firent construire des maisons séparées, avec cours et jardins, qui s’étendaient sur tout le périmètre du cloître. On peut encore admirer la maison du chanoine percepteur, qui prélevait la dîme, et celle du frère économe, qui veillait jalousement sur le pressoir. Avec ses vergers, ses poulaillers, ses granges remplies de blé, la petite communauté vivait dans l’abondance. Craignant de se faire attaquer, elle décida en 1563 de murer le cloître pour se protéger des bandits. C’est de cette période que date la porte d’En-Haut sous laquelle vous êtes passé. La porte d’En-Bas, autrefois située en contrebas de la mairie, n’a pas résisté aux assauts du temps. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que les religieux décidèrent finalement d’abandonner leur vie de nantis, pour fonder une maison d’enseignement. En 1791, pendant la Révolution, neuf des chanoines devinrent des prêtres constitutionnels. Aujourd’hui, le souvenir de ces religieux omnipotents reste gravé dans l’esprit des Saulcéens, comme en témoignent deux expressions locales toujours utilisées : être gras comme un chanoine et mener une vie de chanoine.

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