Il y a cent ans, Monet s’en allait

Jamais avant lui, un peintre n’avait conquis une telle place dans l’imaginaire du grand public. Une preuve ? La presse nationale et régionale lui rend hommage, dès le lendemain de son décès, le dimanche 5 décembre 1926. Un siècle plus tard, Claude Monet conserve cette notoriété et cette reconnaissance mondiales qu’il doit, pour beaucoup, à ses Nymphéas.

Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905.

Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (© Musée A. G. Poulain, Vernon)

« Le peintre Claude Monet est décédé vers midi, dans sa propriété de Giverny. M. Georges Clemenceau assistait à ses derniers moments. Claude Monet était âgé de quatre-vingt-six ans. » C’est par cette dépêche diffusée le dimanche 5 décembre 1926 que ses proches font savoir la disparition de celui qui fut sacré « père de l’impressionnisme ».

Quelques jours déjà que Claude Monet était au plus mal. Toute cette année 1926 avait été scandée par des soucis de santé. Mais là, la dégradation s’accélérait. Le dimanche, Blanche, sa belle-fille, prévient Georges Clemenceau. Le vieil ami de plus de soixante ans est à Paris. Il accourt. Le Dr Rebière, le médecin de Monet, l’accueille. Il explique à son confrère, car, ne l’oublions pas, Clemenceau était médecin : « C’est sa sclérose pulmonaire. Elle a empiré. » Aujourd’hui, on parlerait de cancer du poumon, évidemment aggravé par la cigarette…

Clemenceau s’assoit au chevet de son ami. Il lui prend la main. « Souffrez-vous ? » « Non », répond Claude Monet qui s’éteint.

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