PATRIMOINE NORMAND

L’avion d’un pilote américain identifié 70 ans après

Henry George Hyde

C’est une recherche comme il n’en surgit que des tragédies de la guerre, un jeu de construction par delà les ans qui connaît son épilogue après des décennies d’incertitude. Avec de la patience et de la pugnacité, les pièces du puzzle ont fini par s’assembler, et l’Histoire triomphe au bout du chemin.

Henry Hyde devant son P47. (© Coll. Jim Walker) ; Jim Walker dévoile la stèle dédiée à son oncle. (© Thierry Georges Leprévost)

Henry Hyde devant son P47. (© Coll. Jim Walker) ; Jim Walker dévoile la stèle dédiée à son oncle. (© Thierry Georges Leprévost)

Mis à jour le 21 décembre 2025 à 19:31 Par
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Saint-Martin-de-Blagny, le 31 mai 2014. Au bord d’une petite route boisée de la forêt du Molay-Littry, un homme retire un drap de ce qui ressemble à une pierre tombale. Un petit monument de granit apparaît ; sur la plaque de marbre, le dessin d’un chasseur-bombardier et un nom : celui de son oncle Henry G. Hyde, abattu ici même 70 ans plus tôt. Rien ne transparaît des sentiments de Jim Walker. À West Point où il a fait ses classes, on apprend à garder les yeux secs. Cependant, quelque chose dans son expression, sa fixité face au monument, l’intensité de son regard sur la stèle qu’il vient de dévoiler trahissent l’intense émotion de celui qui vit un moment fort de son existence, un moment qu’il attendait depuis des années.

Saint-Martin-de-Blagny, le 7 juin 1944. Le 2nd Lieutenant Henry George Hyde est aux commandes de son P47 Thunderbolt. Il a décollé à 10h04 de la base aérienne anglaise de Thruxton, dans le Hampshire, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Londres. L’escadron se compose de 15 aviateurs. Leur mission consiste à sécuriser les troupes américaines débarquées la veille à Omaha Beach. Leur attention est attirée par la présence de véhicules et d’éléments d’artillerie hippomobile en lisière de la forêt de Cerisy. Ils se séparent en 3 unités. Chaque pilote lâche ses deux bombes de 250 kg et fait parler les 8 mitrailleuses de 12,7 mm qui équipent son appareil, sous le feu de la DCA allemande moyennement active du Molay-Littry. Puis ils retournent à la base qu’ils touchent à 12h22. Un avion a été endommagé. Un autre n’est pas rentré.

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