PATRIMOINE NORMAND

Château d’Alençon

De la forteresse médiévale à la prison

Planté aux confins du comté de Maine et du duché de Normandie, le château d’Alençon devient très tôt l’objet de toutes les convoitises et l’enjeu de conflits multiples. Au fil des siècles, l’austère place frontière s’agrandit, pour finalement se métamorphoser en un somptueux palais gothique. Avant une époque plus sombre et une destinée moins glorieuse…

Alençon. Le châtelet de nos jours, transformé en prison. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Alençon. Le châtelet de nos jours, transformé en prison. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 19 janvier 2026 à 14:15 Par
Partager :

Les os à peine réchauffés par les rayons d’un timide soleil hivernal, il est agréable de flâner d’un train de sénateur à travers la ville d’Alençon. Les noms de la plupart des rues nous emportent dans les coulisses du XXe siècle : cours Clemenceau, place de la 2e DB, rue De-Lattre-de-Tassigny… Acteurs disparus de conflits d’un autre temps. Ici ou là, des souvenirs témoignent des heures de gloire vécues sur les bords de la Sarthe au crépuscule de la Seconde Guerre mondiale. Sur la façade pavoisée d’une petite maison dominant la rivière, une plaque rappelle notamment : « Ici, le général Leclerc, libérateur de la ville d’Alençon, établit son poste de commandement au matin du 12 août 1944. » Modeste témoin de l’Histoire en marche, celle avec un grand H, celle qui forge les légendes. De temps à autre, un panneau indicateur invite à partir à la découverte de la maison natale de sainte Thérèse. L’ombre de la jeune carmélite de Lisieux plane aussi sur la cité ornaise. Les monuments défilent l’un après l’autre : flamboyante basilique Notre-Dame, plus modeste église Saint-Léonard et étonnante halle au blé. Du Moyen Âge au XIXe siècle, il n’y a que quelques pas allègrement franchis. On songe inévitablement à ces mots de Jean de La Varende, qu’il est sain de toujours conserver dans un recoin de sa mémoire : « Le passé n’est qu’un sommeil : pour un esprit attentif et sensible, tout se ranime. »

Et puis s’ouvre une vaste esplanade, la place Maréchal-Foch, dominée par la façade incurvée de l’hôtel de ville (fin XVIIIe) et la masse austère du palais de justice (début XIXe). Au revers de ce dernier s’élèvent un châtelet et la silhouette d’une haute tour à couronne de mâchicoulis. Là trônait autrefois l’immense château des ducs d’Alençon, dont ces constructions sont les ultimes reliques.

Il vous reste 92 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°88 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS