Le Saint-Maurice : un sauvetage exemplaire
Tout comme les hommes, les bateaux ont leur destin. Ils naissent et meurent. Entre ces deux événements prévisibles, il en est d’autres qui sont liés aux circonstances. Parfois, ils sont malades, on les croit à l’agonie et, contre toute attente, ils se relèvent et repartent de plus belle. Pour le Saint-Maurice, les médecins qui se relaient à son chevet laissent entendre une prochaine rémission.
Le Saint-Maurice sur son « quai de l’oubli » à Honfleur. L’étrave est en chêne. La coque du bautier est généralement noire. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)
Le Saint-Maurice est un bautier. Inutile de chercher ce terme dans un dictionnaire, vous ne le trouverez pas plus que le mot bisquine ! Ce nom vient de baux, qui en Normandie désigne les cordes servant à la pêche aux lignes. Il est du reste le tout dernier bautier à avoir été lancé aux chantiers André Bellot de Barfleur en 1950. L’héritage d’une tradition qui remonte au moins au XIe siècle, puisqu’une partie de la flotte de Guillaume le Conquérant, dont son fameux bateau amiral, la Mora, a été construite dans ce port d’échouage1.
Bateau à propulsion mixte, voiles et moteur, il est d’abord équipé d’un petit 75 chevaux, puis d’un 100ch, et enfin d’un 150 ch. Bateau à propulsion mixte, voiles et moteur, il est d’abord équipé d’un petit 75 chevaux, puis d’un 100ch, et enfin d’un 150 ch. Domicilié à Cherbourg jusqu’en 1967, il déménage alors à Port-en-Bessin pour se livrer au chalutage, une activité qui contribuera à accélérer l’usure de sa coque, avant de devenir en 1975 un bateau de plaisance.
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Notes
- Barfleur est l’un derniers ports d’échouage de Normandie. Souhaitons que la folie bétonnière des élus de la Manche décide de l’épargner définitivement (lire Patrimoine Normand n° 47).
