Château de Chanteloup
À travers l’histoire du château de Chantelou, c’est tout un pan du passé normand qui se dévoile, depuis les premières seigneuries médiévales jusqu’aux transformations de la Renaissance. Transmis de famille en famille, marqué par les conflits et les bouleversements politiques, ce domaine du Cotentin illustre la permanence d’un lieu où se croisent histoire locale et destin de grandes lignées.
Château de Chanteloup. Vue aérienne. (Photo Ange Leclerc-Keroullé © Patrimoine Normand)
C’est sur la côte ouest du Cotentin que l’on peut découvrir la petite commune de Chanteloup. Elle est située à une douzaine de kilomètres au nord de Granville et à deux kilomètres à l’est de Bréhal, canton dont elle dépend. Son nom, aujourd’hui chantant à nos oreilles, devait paraître beaucoup moins agréable à nos ancêtres pour avoir ainsi nommé le lieu. En effet, ce nom fait référence au prédateur qui, de tous temps, a été le concurrent haï de l’homme et qui devait être particulièrement abondant en cet endroit. Toutefois, l’homme, toujours aussi conquérant, repoussa l’animal, et Chanteloup devint, au XVIIIe siècle, une paroisse particulièrement peuplée, dépassant les six cents habitants, soit plus du double de sa population actuelle. Cette surpopulation en faisait une terre où la majeure partie de la communauté paysanne était pauvre ; une pauvreté largement mise en avant lors de la rédaction des cahiers de doléances à l’époque révolutionnaire.
À l’opposé de l’attachement monarchique des seigneurs de Chanteloup pendant la Révolution, il est à noter que c’est à gauche de l’échiquier politique qu’un enfant du pays se fit remarquer. Il s’agit de Prosper Moquet, né en 1897 à Chanteloup. Cheminot, il devint député communiste du XVIe arrondissement de Paris en 1936, avant d’être déporté en Algérie après la dissolution du PC en 1939. Il retrouva un siège de député de l’Yonne en 1945, qu’il occupa jusqu’en 1951. Fidèle à sa terre natale, il est décédé à Bréhal en 1986. C’est la lettre rédigée par son fils, Guy Môquet, avant son exécution en 1940, qui a fait polémique en ce début d’année 2008, lorsque le président Sarkozy a proposé sa lecture dans les établissements scolaires.
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