Incendie à la fonderie Cornille Havard
Le 6 juin dernier, la fonderie Cornille-Havard, joyau du patrimoine artisanal normand, a été le théâtre d’un incendie qui aurait pu tourner au drame. Il est un peu plus de 11 h 30 lorsque l’alerte est donnée : un feu s’est déclaré dans la toiture de l’atelier principal. En quelques instants, une épaisse colonne de fumée s’élève au-dessus de Villedieu-les-Poêles, provoquant l’inquiétude des riverains et déclenchant une mobilisation d’envergure.
La fonderie Cornille-Havard à Villedieu-les-Poêles. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Quarante-deux sapeurs-pompiers convergent rapidement vers le site. Deux lances à incendie sont déployées, les échelles aériennes se dressent. Les onze employés présents sont aussitôt évacués. Grâce à l’efficacité des secours, le feu est circonscrit à la charpente, épargnant le cœur de l’atelier, encore en pleine activité. Si les dommages matériels restent à chiffrer, l’essentiel semble préservé. Mais, au-delà des flammes, c’est un lieu chargé de sens qui a vacillé.
Depuis 1865, la fonderie Cornille-Havard perpétue le savoir-faire pluriséculaire des fondeurs de cloches, dans la tradition des saintiers itinérants. Chaque cloche qui y naît est à la fois œuvre d’art, instrument de musique, et objet de transmission spirituelle. Ces dernières années, la fonderie s’est illustrée par des réalisations emblématiques : la cloche olympique de Paris 2024, les nouvelles cloches du beffroi nord de Notre-Dame de Paris, ou encore les créations campanaires de l’abbaye de Fontevraud, où le bronze ancien entre en résonance avec l’art contemporain.
Elles illustrent la vitalité d’un artisanat rare, soudain mis à l’épreuve.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°134 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
