Un siècle d’engagement au service du patrimoine religieux
Parmi tant de clochers, combien souffrent en silence ? Depuis 1921, une association prend fait et cause pour eux. Fondée par Édouard Mortier, duc de Trévise, la Sauvegarde de l’Art Français célèbre son centenaire.
Le projet du Plus grand musée de France est mené à bien par quatre étudiants de la Sorbonne, avec la complicité de Vincent Lefebvre. (© Virginie Michelland)
En 1972, la marquise de Rohan-Chabot, née Maillé, précise les conditions du dispositif. Ce dernier concerne les édifices antérieurs à 1800 en état de péril. La priorité est accordée aux églises et chapelles rurales, uniquement pour les éléments d’architecture. Les dossiers sont traités au sein de comités réunis sous la présidence d’Olivier de Rohan-Chabot.
L’Eure bien représentée
De nombreux dossiers concernent des églises de l’Eure. Il faut dire que le département possède une correspondante efficace et dévouée en la personne d’Yvette Petit-Decroix, par ailleurs déléguée départementale pour la Fondation du patrimoine. La passionnée souligne l’œuvre accomplie par son prédécesseur, Pierre Roussel, ancien président des Amis des Monuments et Sites de l’Eure, qui a su bâtir un réseau dense et opérationnel.
L’association a ainsi validé récemment la demande de subvention pour l’église Saint-Martin de Moisville, fragilisée par 35 ans de fermeture. À Barquet, les Amis du Patrimoine peuvent compter sur la Sauvegarde de l’Art Français pour restaurer la chapelle Saint-Jean-Baptiste, elle aussi en péril.
Du côté des particuliers, l’association accompagne Jean-Baptiste Boutan, qui assure à son rythme mais avec ténacité la restauration de l’église Saint-Ouen de Rubremont, à Bosc-Renoult-en-Ouche (commune nouvelle de Mesnil-en-Ouche).
Le plus grand musée de France
Pour ne pas exclure plus longtemps les objets mobiliers, la Sauvegarde de l’Art Français mène aussi, depuis 6 ans, l’opération « Le plus grand musée de France », considérant que les œuvres qui agrémentent les églises rurales formeraient l’équivalent du musée du Louvre.
Des étudiants sont invités à accompagner différents projets de restauration. Une mission enrichissante, menée à bien notamment par Arnaud, Ezilda, Audrey et Élisa ; quatre jeunes de la Sorbonne, qui se mobilisent pour restaurer deux toiles du XVIIIe siècle, conservées en l’église Saint-Victor, à Saint-Victor-de-Chrétienville. Inscrites au titre des Monuments historiques depuis 1977, l’Adoration des Bergers et la Décollation de Saint Jean-Baptiste seront confiées à Laurence Letourneur, co-gérante de l’Atelier Bis. Le projet, porté par l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de l’Église et son jeune président, Vincent Lefebvre, nécessite 4 200 €. À suivre.
> Tous renseignements sur www.sauvegardeartfrancais.fr
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°118. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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