Tapisserie de Bayeux à Londres : un engouement exceptionnel
La billetterie grand public de l’exposition consacrée à la Tapisserie de Bayeux au British Museum a ouvert ce mercredi 1er juillet 2026, suscitant une très forte affluence en ligne. L’œuvre, qui doit être présentée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027, quittera temporairement Bayeux pendant la rénovation de son musée. Dans la ville normande, deux expositions du cycle De lin et de laine permettent de retracer son histoire et sa conservation.
Annonce spectaculaire de l’arrivée de la Tapisserie de Bayeux sur les écrans géants de Piccadilly Circus, à Londres, le 26 février dernier. (© British Museum)
Une arrivée très attendue au British Museum
Les premiers billets pour admirer la Tapisserie de Bayeux à Londres ont été mis en vente ce mercredi 1er juillet 2026. Dès l’ouverture de la billetterie en ligne, à 10 h heure britannique, soit 11 h en France, de nombreux internautes ont tenté de réserver leur place. Certains visiteurs ont patienté plus d’une heure pour obtenir un billet, tandis que plusieurs milliers de personnes attendaient encore leur tour en milieu de journée. Dans l’après-midi, plus de 60 000 connexions étaient enregistrées sur le site de réservation.
L’exposition ouvrira au public le 10 septembre 2026 et se poursuivra jusqu’au 11 juillet 2027. Les premiers billets concernent la période allant de septembre à décembre 2026. Le tarif adulte est annoncé autour de 27 livres sterling, soit environ 32 euros, avec une gratuité pour les moins de 16 ans. Selon les créneaux, les prix varient entre 25 et 33 livres.
Cette forte attente avait déjà été préparée par une communication spectaculaire. Le 26 février dernier, l’arrivée prochaine de la Tapisserie avait été annoncée sur les écrans géants de Piccadilly Circus, à Londres, avec le message : « The Bayeux Tapestry is coming this September ».
Longue de près de 70 mètres, large d’environ 50 centimètres et pesant près de 350 kg, la célèbre broderie du XIe siècle retrace la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066. Son transfert vers Londres doit avoir lieu à une date tenue secrète, avec un dispositif de sécurité renforcé. Au British Museum, elle sera présentée à plat, et non fixée au mur comme dans son dispositif habituel à Bayeux.
Mouvement de la Tapisserie dans son local technique actuel. (© Bayeux Museum)
Une œuvre habituée aux déplacements
Ce départ exceptionnel s’inscrit dans une histoire déjà marquée par de nombreux voyages. Réalisée probablement entre 1066 et 1076 dans le sud-est de l’Angleterre, à l’initiative d’Odon de Conteville, évêque de Bayeux, comte de Kent et demi-frère de Guillaume le Conquérant, la Tapisserie aurait d’abord traversé la Manche pour rejoindre la Normandie. Certains historiens pensent qu’elle fut exposée pour la première fois dans la cathédrale de Bayeux lors de sa dédicace, le 14 juillet 1077.
Au fil des siècles, elle échappa à plusieurs épisodes qui auraient pu la faire disparaître : incendie de la cathédrale, troubles religieux, Révolution française, puis Seconde Guerre mondiale. En 1803, elle fut envoyée à Paris pour une exposition temporaire au Louvre, avant de revenir à Bayeux. Plus tard, elle connut plusieurs lieux d’exposition dans la ville : l’hôtel de ville, la bibliothèque municipale, l’hôtel du Doyen, puis l’ancien Grand Séminaire, où le musée actuel fut aménagé en 1983.
À Bayeux, deux expositions pendant son absence
Pendant son absence, Bayeux poursuit la valorisation de cette histoire avec le cycle De lin et de laine, réparti sur plusieurs sites. Au musée d’Art et d’Histoire Baron-Gérard, l’exposition La Tapisserie de Bayeux au fil de son histoire retrace l’évolution de ses lieux d’exposition, depuis la nef de la cathédrale jusqu’au Louvre, puis son long parcours muséal dans la ville. Elle revient aussi sur ses conditions de conservation, depuis les anciennes manipulations jusqu’à la mise en vitrine sous climat contrôlé.
Au musée Mémorial de la Bataille de Normandie, l’exposition La Tapisserie de Bayeux en temps de guerre s’intéresse à sa sauvegarde durant la Seconde Guerre mondiale : son abri sous l’Hôtel du Doyen, son transfert hors de Bayeux, les études menées par l’institut allemand Ahnenerbe, puis son exposition au Louvre après la Libération de Paris en 1944. Photographies, croquis, carnets de bord et documents d’archives éclairent cette période moins connue de son histoire.
À quelques semaines de son départ temporaire de Bayeux, la Tapisserie confirme ainsi l’intérêt considérable qu’elle suscite toujours, en Normandie comme outre-Manche.
Retrouvez cet article dans son intégralité
Cet article est paru dans Patrimoine Normand. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
L’art des jardins en Normandie