Un été impressionniste avec Claude Monet
Le festival Normandie impressionniste 2024 et les cent-cinquante ans de la première exposition impressionniste, célébrés au musée d’Orsay, sont l’occasion rêvée d’une escapade à Giverny à la rencontre de Claude Monet (1840-1926), maître de l’impressionnisme…
Giverny, l’étang des nymphéas, l’été. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) ; Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (© Musée A. G. Poulain, Vernon)
Claude Monet avant Giverny
Fils d’un négociant parisien établi au Havre, Claude Monet aura sa vie durant une fascination pour l’élément aquatique. Après le décès de sa mère en 1857, sa tante Marie-Jeanne Lecadre achèvera son éducation. Bienveillante, elle encourage son talent de caricaturiste et elle sera son mécène jusqu’à sa mort en 1870. L’adolescent montre ses portraits-charge dans la vitrine d’un marchand havrais du peintre honfleurais Eugène Boudin. À l’origine, le jeune Monet n’apprécie pas les peintures de son aîné qu’il juge bâclées, mais lorsque celui-ci lui enseigne les rudiments du métier, ses yeux se décillent et il reconnaîtra finalement le « peintre des ciels » comme son maître. Si le tableau Impression, Soleil levant (1872 – musée Marmottan) de Claude Monet précède l’huile sur bois si ressemblante Étude de ciel sur le bassin du Commerce du Havre d’Eugène Boudin (vers 1888 – MuMa), certaines vues de l’église Saint-Thomas de Touques (Calvados) de ce dernier semblent préfigurer les vues de la cathédrale de Rouen par Monet à leur manière de faire chanter la pierre au soleil.
En 1864, Monet et Boudin fréquentent, à l’Hostellerie de la ferme Saint-Siméon de Honfleur, le distingué Frédéric Bazille et le débraillé Johan Barthold Jongkind. Les prestes aquarelles de ce dernier engagent Monet à scruter toujours plus intensément l’épiphanie polychrome de l’instant, une voie salutaire pour la peinture qui commence à être concurrencée par la photographie. À l’instar des peintres de la forêt de Barbizon, tels Théodore Rousseau ou Camille Corot, qui pratiquent l’impressionnisme avant la lettre, la ferme Saint-Siméon est un berceau du pré-impressionnisme. L’historien d’art Adrian Lewis a justement pointé que, de 1864 à 1867, les différentes vues de cette ferme peintes par Monet, par tous les temps, inaugurent ses cycles de séries conclus avec les Nymphéas.
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