Saint-Sever et son abbaye
Un millénaire de dévotion
L’abbaye Notre-Dame de Saint-Sever-Calvados fête cette année son 950e anniversaire. Étrange parcours que celui de ce monastère, qu’on n’a cessé au fil des ans de transformer, agrandir, mutiler, au point de le rendre méconnaissable, mais qui affirme aujourd’hui plus que jamais son existence, contre les caprices de l’Histoire.
Abbaye de Saint-Sever-Calvados. L’abbatiale vue de l’est, derrière son jardin de conception moderne. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Sever, évangélisateur de l’avranchin
Les hagiographes n’ont pas manqué de grain à moudre concernant saint Sever. Leur talent s’exerce dans les années 1070, tandis qu’il s’agit de vanter les mérites du dédicataire de la nouvelle abbaye, en faisant preuve d’imagination si besoin est. Bien que leur texte original se soit perdu, sa légende nous est parvenue grâce à une copie rédigée vers 1770.
On prétend que ses parents le confient enfant à un mystérieux roi saxon du Bessin du nom de Corbécénus, dont aucun document n’atteste l’existence. Devenu berger attitré du souverain, il s’allonge un jour en plein midi parmi ses moutons pour faire la sieste à l’heure méridienne, non sans avoir au préalable planté son bâton dans le sol. À son réveil, stupeur : celui-ci a pris racine, des branches y ont poussé, et même des feuilles, pour le protéger du soleil ! Le souvenir du miracle est pérennisé sur le lieu du prodige, par la Croix Mérienne, à la sortie de Saint-Sever, sur la route de la forêt.
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