PATRIMOINE NORMAND

Caen dans l’œil d’Edmond Bacot

Si, de nos jours, figer l’instant présent relève du jeu d’enfant avec n’importe quel téléphone portable, il fut une époque où la photographie relevait de la patience et du miracle technologique. Retour sur l’un des pionniers de cet art, à qui nous devons certaines parmi les plus anciennes prises de vue de Caen.

Église Saint-Pierre vue depuis l’ouest, avant les travaux des années 1860, avec la rue des Petits-Murs qui bordait l’hôtel d’Escoville en longeant l’Odon. Le pont Saint-Pierre passe au-dessus de la rivière. (Edmond Bacot, entre 1852 et 1854, tirage sur papier salé d’après négatif en verre, 339 x 256 mm. Fonds Harris Brisbane Dick, 1995 © The Metropolitan museum of Art de New York – metmuseum.org)

Église Saint-Pierre vue depuis l’ouest, avant les travaux des années 1860, avec la rue des Petits-Murs qui bordait l’hôtel d’Escoville en longeant l’Odon. Le pont Saint-Pierre passe au-dessus de la rivière. (Edmond Bacot, entre 1852 et 1854, tirage sur papier salé d’après négatif en verre, 339 x 256 mm. Fonds Harris Brisbane Dick, 1995 © The Metropolitan museum of Art de New York – metmuseum.org)

Mis à jour le 20 novembre 2025 à 15:43 Par
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Dans les années 1852-1854, un personnage encombré de tout un fatras impressionnant arpente les rues de la cité normande. Probablement entouré d’une nuée de marmots et de curieux, il pose une drôle de boîte en bois sur un trépied, prie l’aimable assistance de s’écarter, puis se fige comme si le temps suspendait sa course folle l’espace d’une poignée de secondes. Sans un mot, il se ranime, remballe précautionneusement son matériel, se déplace et s’en va renouveler l’étrange cérémonial quelques centaines de mètres plus loin. Cet homme se nomme Edmond Bacot.

Photographe dans l’âme

Né à Caen en 1814, Bacot s’essaye d’abord à la peinture et suit l’enseignement d’Eugène Lepoittevin (1806-1875) et de Paul Delaroche (1797-1856). Aux Beaux-Arts de Paris, il fait la connaissance de Gustave Le Gray (1820-1884) et de Charles Nègre (1820-1880) : dans une sorte d’émulation communicative, les trois jeunes gens se passionnent pour la photographie naissante. Notre Normand semble tester successivement le daguerréotype (plaque de cuivre et d’argent), le calotype (négatif papier), l’albumine (négatif verre à l’albumine) et le collodion (négatif verre au collodion). Même si la technique s’améliore, on reste encore loin du numérique…

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