Jardins du Presbytère d’Étienville
Une vague verte surgie du marais
À Étienville, comme une écharpe éployée sur l’épaule du roc, les jardins du presbytère déroulent leurs quatre hectares en pente douce vers les marais de la Douve, trait d’union entre le granit et la tourbe qui façonnent le paysage unique du Cotentin.
Jardins du Presbytère d’Étienville. Vu du vieux jardin, l’arrière du presbytère n’a pas l’aspect guerrier de sa façade cuirassée, et ressemble beaucoup plus à une paisible demeure campagnarde. Propriété communale, l’église Saint-Georges apporte beaucoup au site par le charme de son granit surgi de terre. Le patron des chevaliers a été très vénéré en occident au retour des Croisades, ce qui explique sa dédicace. L’ensemble correspond à ce qu’étaient les lieux en des temps immémoriaux, bien avant l’extension des jardins actuels. (© Thierry Georges Leprévost)
Quand Anne et Philippe Gilliéron acquièrent le presbytère en 1980, seuls les abords immédiats du bâtiment connaissent un semblant d’aménagement : ce sera le « vieux jardin ». Le reste n’est qu’une prairie accidentée où chevaux et bovins se réfugient l’hiver lorsque le marais vient à blanchir sous la montée des eaux, jusqu’à la dépouille de printemps qui libérera à nouveau le bas pays. À deux pas au sud-ouest, le mont Castre culmine à 130 mètres. Ici, la paroisse en accuse cent de moins. Dans la presqu’île du vieux massif armoricain usée par les millénaires, la moindre éminence fait figure de montagne
Un site exceptionnel
Bien qu’aucun fait majeur n’ait marqué l’histoire d’Étienville, la commune occupe un lieu privilégié au carrefour de deux voies de communication. Depuis le Ier siècle, elle est traversée par l’ancienne voie romaine qui reliait Valognes (Alauna) à Coutances — la configuration géographique ne laisse guère aux occupants le choix du tracé — et domine ou traverse le cours hésitant de l’Ouve — devenue la Douve par un caprice de prononciation — qui serpente dans le pays des Unelles entre Tollevast et Carentan.
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