PATRIMOINE NORMAND

Pays d’Auge

Caractère et authenticité

Il est en Normandie un pays de cocagne bordé par l’océan, semé de prairies humides, de haies bocagères et d’arbres fruitiers. Maisons à pans de bois et manoirs poussent à foison dans ce théâtre de verdure, irrigué par d’innombrables ruisseaux et rivières. Depuis des siècles, ce terroir généreux dispense ses bienfaits à ceux qui l’occupent et assure leur prospérité. Pays d’art et de traditions, terre d’élevage et d’excellence des savoir-faire… Bienvenue dans le pays d’Auge. Bienvenue dans le tréfonds de l’âme normande !

Au printemps, pommiers en fleur dans le pays d'Auge, à Cambremer. (© G. Guillotin)

Au printemps, pommiers en fleur dans le pays d’Auge, à Cambremer. (© G. Guillotin)

Mis à jour le 18 janvier 2026 à 14:37 Par
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À la fin du IXe siècle, dans la Vita sanctae Opportunae (Vie de sainte Opportune), Adelhem, évêque de Sées, explique comment son héroïne parvient un jour « à un certain monastère, près de la ville de Sées, qui était situé dans la forêt d’Auge ». Ainsi le nom Algia émerge-t-il pour la première fois des limbes de l’Histoire. Deux siècles plus tard, Guillaume le Conquérant (1035-1087 en Normandie) donne à l’abbaye du Bec-Hellouin « les églises d’Auge qui appartenaient au comte Gilbert [ndla : de Brionne]. » Il semble donc qu’à cette époque, l’Auge soit une entité géographique parfaitement identifiée et reconnue. Il existe d’ailleurs peut-être déjà une vicomté d’Auge et un archidiaconé d’Auge, les deux étant dûment attestés un peu plus tard.

Au XVIIIe siècle, l’étendue du pays d’Auge est beaucoup plus restreinte que celle que nous lui donnons de nos jours. En 1763, l’abbé Expilly le définit dans son Dictionnaire géographique historique et politique des Gaules et de la France comme « borné au nord par l’Océan, au sud par le pays d’Ouche et celui d’Houlme, à l’est par le Lieuvin & le pays d’Ouche, & à l’ouest par la Campagne de Caen. » C’est le tracé de ces « frontières » que l’on retrouve notamment sur une série de cartes datant de 1716. À cette époque, la ville de Lisieux n’est pas encore considérée comme appartenant au pays d’Auge, mais au Lieuvin voisin, territoire compris entre l’estuaire de la Seine, la Touques et la vallée Risle-Charentonne. Lors du tracé des limites des départements en 1790, la République naissante n’a cure des pays et des provinces de l’Ancien Régime : elle écartèle le pays d’Auge et le Lieuvin entre le Calvados, l’Orne et l’Eure.

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