Patrimoine Normand

Sées, la méconnue

Sées, petite ville de l’Orne, est avant tout connue comme capitale religieuse de ce département, à la fois évêché et siège de nombreuses communautés religieuses, dont certaines existent encore. Avec sa petite cathédrale dominant une petite cité épiscopale, son rôle historique dans d’actuel département de l’Orne remonte à l’époque gauloise quand elle fut « capitale » de la tribu (« cité ») des Sagiens.

L'hôtel de ville et la cathédrale de Sées.

L’hôtel de ville et la cathédrale de Sées. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 28 mai 2026 à 12:35 Par
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Une ville de 2000 ans

L’habitat apparaît là bien avant l’époque chrétienne. Plusieurs fouilles archéologiques, effectuées dans la ville de Sées (rue Amesland, rue Conté), apportent des informations sur l’histoire de l’implantation humaine sur ce site. L’histoire antique de Sées, « Cité des Sagiens », ne remonte pas au-delà de 10 avant J.C.
Les hommes se sont installés à la lisière de la forêt d’Écouves, à la limite d’une plaine calcaire, non loin des sources de l’Orne. L’habitat se situait à un carrefour routier, sur un chemin menant au Mans.

Cette agglomération se serait développée au début de notre ère, vers 20-30 après J.C., apparemment à la suite de la désertion de l’oppidum d’Exmes. Aux IIIe et IVe siè­cles, un resserrement de l’habitat se serait effectué, avec un regroupement dans le futur quartier Cathédrale. De tels resserrements de population sont observés dans de nombreuses autres villes à partir du IIIe siècle après J.C. Plusieurs vestiges de cette agglomération ont été dégagés lors de fouilles archéologiques. À noter, une colonne de temple, les restes d’un tympan de temple, et depuis peu un aqueduc daté d’entre la fin du Ie siècle et la fin du IIIe siècle après J.C. Cet aqueduc part non loin du château d’Escure, passe par la Chapelle-près-Sées, et aboutirait vers la Cathédrale de Sées. Il était à ciel ouvert, d’une longueur d’environ 3 kilomètres. Un canal de captage de 120 mètres de long était supporté par un bassin de captage d’eau de 40 m2, avec drain et radier de cailloux. On ne sait pas s’il servait à des thermes ou à de l’alimentation quotidienne en eau.

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