Portraits de Guillaume le Conquérant
Guillaume de Normandie, Guillaume le Conquérant… Ce nom évocateur fait surgir en nous les images d’un duché prospère, d’églises et de monastères, de bateaux et de batailles. Mais dès qu’il s’agit de mettre un visage sur le nom du septième duc de Normandie, chacun de nous apporte sa version personnelle : les portraits de Guillaume sont le thème d’une exposition visible au musée de Normandie jusqu’à fin septembre 2007. Une initiative originale riche d’enseignements.
Portrait de Guillaume le Conquérant par Saint Martin de Fontenay, huile sur bois de 1708, copie présumée de celui qui a été peint en 1522 et détruit quarante ans plus tard. (Photo Henri Gaud, avec l’aimable autorisation des éditions Gaud)
À quoi pouvait-il bien ressembler, le plus célèbre des Normands ? De notre duc, aucun portrait réaliste ne nous est parvenu, et pour cause : ce n’était pas l’usage alors de reproduire trait pour trait le visage des grands de ce monde. Aussi les représentations qui nous sont parvenues relèvent-elles d’une pure convention propre à l’époque médiévale.
L’archéologie nous a livré quelques pièces intéressantes qui datent de son époque : un sceau de 1069, des deniers à son effigie, des enluminures, et bien entendu la fameuse Tapisserie de Bayeux qui nous le montre à maintes reprises. Hélas, aucun de ces « portraits » n’est plus crédible l’un que l’autre. Ils représentent la fonction du prince, porteur des attributs du pouvoir, et non sa personne. Son profil sur une pièce de monnaie n’offre pas plus de gage d’authenticité que sa posture en majesté dans une initiale de manuscrit, et rien n’empêchait de le montrer en roi d’Angleterre sous le même aspect que son prédécesseur, l’usurpateur Harold !
Deux monnaies de Guillaume le Conquérant, deniers frappés en Angleterre, vers 1068, Musée des Antiquités de Rouen. (© Yohann Deslandes)
Alors, il reste aux artistes de toutes époques la liberté d’interpréter selon leur propre imagination le visage du septième duc de Normandie, en s’inspirant peu ou prou des rares textes qui l’évoquent. On sait ainsi que « Guillaume était d’une taille supérieure à la moyenne mais non excessive », et aussi « de corpulence large et robuste ». Des précisions sur son caractère suggèrent leur expression physique : capable d’une « invincible patience », « il avait amassé dans son cœur d’enfant une force virile » ; « sa voix était rauque, il parlait beaucoup avec exubérance ».
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