Patrimoine Normand

Agnès Sorel à Jumièges

En 1450, alors que Charles VII a engagé le combat en Normandie pour libérer définitivement la France de la tutelle anglaise, sa légendaire favorite, la sublime Agnès Sorel, le rejoint à Jumièges et y meurt.

La Vierge peinte par Jean Fouquet sous les traits d’Agnès Sorel. Diptyque de Melun, Anvers Musée royal des Beaux-Arts.

La Vierge peinte par Jean Fouquet sous les traits d’Agnès Sorel. Diptyque de Melun, Anvers Musée royal des Beaux-Arts. (Giraudon)

Mis à jour le 15 mai 2026 à 12:15 Par
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Durant les longues années de la folie de Charles VI et à sa mort, la France ne sait plus qui est son roi. Est-ce le dauphin Charles, le petit roi de Bourges ? Est-ce ce nouveau-né anglais Henri VI ? Est-ce le duc de Bourgogne ?

Paris, la capitale, est tenue par les Bourguignons pour l’An­glais. La France ne croit plus en elle-même. Deux partis français se déchirent : les troupes du Duc de Bourgogne alliées aux An­glais s’opposent aux Armagnacs du duc d’Orléans, cousin du roi. La France exsangue sert de terrain de combat à ces bandes armées, subissant en permanence pillages et épidémies. Puis, un jour, une voix pure s’élève et donne confiance et audace. C’est Jeanne la petite bergère de Domrémy. Le roi Charles VII, n’ayant rien à perdre, la suit timidement. La France reprend confiance et espoir. L’Anglais recule. Mais Jeanne est capturée puis brûlée. Charles VII n’a plus qu’à s’en­foncer à nouveau dans son désespoir. Cependant, l’élan sera poursuivi par des hommes d’armes de talent. C’est alors qu’apparaît dans l’horizon français, une jeune fille qui à son tour va contribuer à sauver son royaume. Après Jeanne la vierge salvatrice, la France sera sauvée par Agnès, une femme, et laquelle !

Photo de la Façade sur cour du manoir du Mesnil, où mourut Agnès Sorel.

Façade sur cour du manoir du Mesnil, où mourut Agnès Sorel. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)

Une petite orpheline protégée de Yolande d’Anjou

Fille du sire de Coudun, conseiller du Comte de Clermont, resté fidèle au roi de France aux pires instants de la guerre de Cent Ans et mort l’épée à la main, Agnès Sorel fut orpheline dès sa plus tendre enfance. Elle fut remarquée très jeune par la reine Yolande d’Aragon, mère de Marie d’Anjou, reine de France. Fille de roi, Yolande d’Aragon était trois fois reine. En France, son titre principal était d’être la veuve d’un des plus grands seigneurs de son temps, Louis II, Comte d’Anjou, Comte de Provence, Roi de Naples, Roi de Sicile et Roi de Jérusalem. Alors que la cour de France était des plus tristes, la reine de Naples, sans parvenir à égaler la cour du duc de Bourgogne, réunissait autour d’elle des hommes de lettres, des artistes de renom et de nombreuses dames et preux chevaliers.

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