Le bois des Moutiers
Varengeville-sur-Mer
Nous partons ici à la découverte d’une autre merveille de Varengeville, le parc floral des Moutiers, qui ne ressemble à aucun autre parc floral, et sa maison unique de style anglais Arts & Crafts.
Le bois des Moutiers – Varengeville-sur-Mer (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)
Le parc des Moutiers est né de la passion d’un visionnaire de génie, esthète dont les convictions le rapprochaient de courants de pensées artistiques en vogue alors en Grande-Bretagne. La toute fin du XIXe siècle constitue, pour la côte située autour de Dieppe, une période d’effervescence. Dieppe est en effet devenue une ville balnéaire très à la mode, mais fréquentée par des artistes de nos jours de renom (et de leur entourage), inspirés par la beauté du littoral.
Varengeville est notamment peint, de nombreuses fois, par Monet. Au cours de ses séjours dans la région, Guillaume Mallet tombe amoureux du site des Moutiers, celui-ci lui rappelant des paysages d’enfance. De plus, découvrant en ce lieu des poches de terre acide, il comprend très vite quel parti il peut tirer des lieux. Il acquiert donc le domaine en 1898, et sa rapide rencontre, peut-être sur un bateau le ramenant d’Angleterre, avec le jeune mais talentueux architecte Edwyn Lutyens, conduit à la réalisation du parc que l’on peut admirer de nos jours. À l’origine simple herbage d’une valleuse descendant vers la mer, au sol humide et acide, sur lequel une maison sans intérêt était construite, la conjugaison de trois talents en a fait un parc magnifique, autour d’une maison unique. L’ensemble fut inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1978 et les récentes tempêtes ont eu la bonne idée de l’épargner.
La maison face au parc. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)
En 1898, Guillaume Mallet fait donc appel à l’architecte anglais Sir Edwin Lutyens et à la paysagiste Miss Gertrude Jekyll, pour construire le parc des Moutiers. À eux trois, ils vont concevoir et réaliser un ensemble où le hasard n’a pas sa place. Tout tourne autour du mélange des espaces pourtant bien définis, en jouant sur les transparences et les opacités, sur les couleurs et les matériaux, sur les reliefs naturels. On ne doit plus savoir quelle est la limite entre l’architecture et le paysage, l’impression générale devant être celle d’une grande harmonie.
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