Patrimoine Normand

Le hêtre, un grand Normand

Le hêtre, arbre élancé qui orne nos grandes futaies, fait partie intégrante des clos-masures du pays de Caux et des paysages forestiers normands. Des hêtraies profondes du pays de Bray aux grandes forêts de Lyons, d’Eawy ou d’Andaine, cette essence majestueuse a longtemps marqué la vie rurale, les usages quotidiens et l’imaginaire populaire. Utilisé pour le chauffage, la menuiserie ou les travaux agricoles, le hêtre demeure aussi associé à de nombreux arbres remarquables, sujets séculaires et légendes, du célèbre hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux aux étonnants Faux de Verzy, ces hêtres tortillards aux formes spectaculaires.

Hêtraie typique, Bois de Limpiville.

Hêtraie typique, bois de Limpiville dans le pays de Caux. (Photo Éric Bruneval)

Mis à jour le 23 mai 2026 à 15:53 Par
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En forêts, en haies, dans les parcs, de la Haute à la Basse Normandie, le hêtre règne son élégance au paysage normand. Hêtres penchés-héritaires, hêtres particulièrement de Haute-Normandie, haies souvent mutilées du bocage témoignent de l’omniprésence du hêtre toujours aussi majestueux, qu’il soit en groupe ou solitaire.

D’où vient-il ? Du nord. Cet arbre déteste la chaleur et la sécheresse. Il ne peut vivre qu’en plein épanouissement grâce à une humidité atmosphérique importante et constante. Au fur et à mesure que l’on descend vers le sud de la France, notre hêtre se réfugie pour la plupart sur les versants montagneux, jusqu’à une altitude de 1 500 à 1 700 mètres. Que demain réchauffe et s’assèche comme le craignent certains spécialistes et le siècle prochain verra régresser, voire même peut-être disparaître en essence fragile et surtout, pour reprendre le terme scientifique, éminemment « sciaphile », c’est-à-dire « qui a besoin d’ombre ».

Devenu adulte, ayant pris le pas sur nombre d’espèces sylvicoles, il ne laissera guère, sous son épais feuillage, filtrer suffisamment de lumière pour que se développent de nombreuses espèces ! Un sous-bois toujours très clairsemé caractérise toutes nos hêtraies (Cerisy, Lyons, Eu). Quelle ingratitude !

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