Le château de Tancarville
une ruine romantique
Le Val de Seine recèle des merveilles, souvent méconnues. On vient du monde entier pour remonter le « Rhin romantique » sur les bateaux de croisière mais on oublie trop souvent notre grand fleuve dispose d’atout équivalents : superbes paysages naturels avec des rives abruptes et sauvages, des boucles paresseuses, le marais Vernier, de superbes abbayes telles que Jumièges ou Boscherville – ou des ruines féodales comme l’Orcher (voir Patrimoine Normand n° 03), Moulineaux ou Tancarville… Nous avions déjà évoqué la Bouille (n° 05), l’un des ses fleurons. Le parc de Brotonne, qui s’étend sur deux rives, s’attaque à préserver et développer ce patrimoine. Aujourd’hui nous partons visiter Tancarville.
Château de Tancarville. La porte d’entrée et la tour de l’Aigle, en regardant vers l’est. (Photo Eric Bruneval © Patrimoine Normand)
Cet ancien château fort domine la rive droite de la Seine, à proximité du pont de Tancarville. Au siècle dernier, son caractère grandiose et romantique inspire les artistes. Le poète Lebrun (1785-1873) y écrivait les tragédies Ulysse et Marie Stuart. Plus près de nous, Maurice Leblanc y écrivit l’un de ses livres consacrés à Arsène Lupin dans la tour de l’Aigle. Fragonard, à l’époque romantique (en 1821), lui consacre plusieurs lithographies d’un romantisme puissant. Félix Benoist et Hyppolyte Lalaisse réalisèrent en 1852 une autre litho, plus classique depuis le fleuve.
Une forteresse remarquablement bien située
Au Moyen Âge, la Seine courait plus au nord et baignait le pied de la falaise sur laquelle est assis ce château. Le site est assurément plus grandiose. Actuellement, une plate plaine alluviale a remplacé l’onde changeante. Au fond, les superstructures du pont de Tancarville écrasent un peu la silhouette du château. Face au marais Vernier et au début de l’embouchure de la Seine c’était là un site stratégique de première importance ; cet étroit plateau surveillait le fleuve du haut d’un à pic.
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