Plan végétal normand
À la recherche des légumes oubliés
Asperge « La Normande », chou « de Tourlaville », carotte « de Vimoutiers » ou radis « jaune de Bayeux »… À la fin du XIXe siècle, les cultivateurs-grainiers normands produisaient des variétés potagères réputées. Écartées des catalogues avec le déclin de ces métiers, certaines renaissent aujourd’hui grâce à des jardiniers passionnés.
Un « flageolet à feuilles d’orties ». Un légume ancien qui mérite de retrouver une place dans nos potagers… et dans nos assiettes ! (© Christiane Dorléans)
Le mardi 15 avril 1884, les membres de la Société d’horticulture de Caen visitent les cultures du grainier Aimé Lenormand. Ils découvrent cinquante ares consacrés à la production de semences des asperges « La Normande » et « Pelpel », ainsi que des plantations de chou de Tourlaville et de « Milan à pied court de Caen ». À la fin du XIXe siècle, d’importantes surfaces sont ainsi réservées à la production de semences potagères autour de Caen, mais aussi à Louviers, Rouen ou Sourdeval-la-Barre, dans la Manche. Les cultivateurs-grainiers sélectionnent les plantes, en récoltent les graines et en assurent la « réclame » dans leurs catalogues.
Le flageolet de Louviers
Vers 1890, à Louviers, un jeune paysan nommé Gabriel Portois se lance dans cette activité. Il consacre quatre hectares de ses terres au « Flageolet à feuilles d’ortie ». Avec la disparition progressive du métier de cultivateur-grainier, autour des années 1960, cette variété tombe dans l’oubli.
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