Assor BD : l’histoire par l’image
En juillet 1992 paraît un grand album BD à la couverture grise, représentant un jeune viking de profil contemplant à l’horizon des navires à têtes de dragons. L’initiation est le premier tome de la série Moi Svein, compagnon d’Hastings. Le début d’une aventure éditoriale ben t’cheu nous !
Thierry Lemaire alias Eriamel, directeur d’Assor BD. (© Assor BD)
C’est qu’elle en a fait du chemin, en un peu plus de deux décennies, la petite maison d’édition associative basée à Saint-Martin-du-Bec, dans le pays de Caux. La série pionnière Svein est maintenant terminée depuis quelques années, mais plusieurs autres « feuilletons » en bandes dessinées ont entre-temps vu le jour et quatre d’entre eux ont reçu – ou vont recevoir – un nouvel épisode en 2015. C’est d’abord la série Cœur de Lion, narrant comme son nom l’indique l’épopée du « bon roi Richard », qui s’est vue augmentée au printemps dernier d’un tome intitulé Fréteval. Histoire de rappeler la défaite cinglante infligée par le duc de Normandie – et accessoirement roi d’Angleterre, comte d’Anjou, comte d’Aquitaine… – au roi de France Philippe Auguste, le 5 juillet 1194 tout près de Vendôme. Le 26 septembre dernier, à l’occasion du salon Normandiebulle de Darnétal, sont parus Mort en Flandre (série L’Epte, des Vikings aux Plantagenêts) et Le retour du croisé (série Les fils de Guillaume). Au mois de décembre enfin, devrait normalement arriver en librairie Northumbrie (série Bichancourt).
© ASSOR BD
La marque de fabrique, la patte même, pourrait-on écrire, d’ASSOR BD, c’est la qualité de la recherche historique effectuée en amont de la conception de tous les albums. Les plus infimes détails sont soigneusement pesés et analysés : costumes, modes de vie, paysages, mobilier…
Chaque site représenté est étudié avec le plus grand soin et les dessins sont de véritables propositions de restitution à l’instant T, pour les châteaux forts comme pour les édifices religieux ou les environnements urbains. Afin de parvenir à ce résultat, scénaristes et dessinateurs s’entourent régulièrement d’un cortège d’experts, historiens de renom, spécialistes de la littérature ou archéologues. Chaque opus est de plus complété par un cahier pédagogique donnant au lecteur les sources utilisées, des plans, des cartes, des arbres généalogiques… Des personnalités telles que Jean Renaud ou Pierre Bouet ont salué le travail et ont même accepté de préfacer certains albums. Bref, une volonté reconnue de qualité et d’authenticité, qui s’est sans cesse accrue au fil du temps et des pages. « Et cela dans un contexte économique toujours plus compliqué », explique le scénariste Thierry Lemaire (alias Eriamel), « où les budgets loisirs des ménages s’engloutissent plus volontiers dans des gadgets électroniques vite passés de mode, que dans des produits culturels plus classiques ». Et pourtant, un livre, un album BD, un magazine est toujours à votre disposition quand vous en avez besoin et il ne vous trahit jamais. Il ne demande pas d’interminables mises à jour, n’est jamais la proie de virus et ne connaît pas les bugs… Les BD d’ASSOR, nous, on en redemande !
Tous les renseignements sur le site Internet de l’association : www.assorbd.fr
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°95. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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