Le frêne
« Mieux vaut avoir un fou dans sa famille, qu’un frêne dans son jardin ». Ainsi parlait-on, autrefois, du frêne, dans la région de Bricquebec ! Et pourtant…
Le frêne. (DR)
Le frêne, ce mal-aimé du bocage normand
Si une espèce fait partie intégrante de notre « patrimoine normand », c’est bien celle-ci. L’étude palynologique des tourbes de la forêt de Quintefeuille (Asnelles-Meuvaines) réalisée au Centre de géomorphologique de Caen a mis en évidence la présence de pollen de frêne (Fraxinus excelsior), ce qui implique l’existence de l’arbre dans cette forêt, aux côtés d’autres feuillus comme le hêtre (Fagus sylvatica), le chêne (Quercus robur), l’orme (Ulmu glabra et Ulmus montana), le bouleau (Betulus alba), le tilleul (Tilia platyphyllos), le charme (Carpinus betulus), l’aulne (Alnus glutinosa), le saule (Salix caprea) et le noisetier (Corylus avellana). Sachant que l’existence de cette forêt a pu être située entre 6 000 et 2 500 av. J.-C., nous avons là un précieux témoin quant aux espèces arboricoles post-glaciaires véritablement indigènes. Le frêne est donc un authentique normand.
Néanmoins, son aire de développement ne s’arrête pas aux « frontières » de notre région. Spontané, il l’est, tout au moins pour l’espèce commune Fraxinus excelsior, dans toute l’Europe du Nord car il aime l’humidité. Peu exigeant, il apprécie les sols basiques, mais accepte une faible acidité ; bien sûr, un sol riche (argile, limon, loess) le comble, mais il lui arrive de croître sur un substrat assez sec – il est moins grand, c’est tout !
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