Patrimoine Normand

La Normandie souterraine

Au nord de Bayeux, après avoir reçu un nouvel affluent, la Drôme, l’Aure disparaît sous terre, « aspirée » par une multitude de fissures dans le calcaire et de bétoires dans les limons. Elle continue son parcours sous terre par un réseau de galeries et de conduits selon trois drains principaux reconnus à ce jour sur cinq kilomètres qui resurgissent sur la côte dans le secteur de Port-en-Bessin. Un monde mystérieux, un phénomène unique dans le nord-ouest de la France.

Spéléologie en Normandie – Dans le bief.

Spéléologie en Normandie – Dans le bief. (Photo Laurent Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 10 juin 2026 à 14:08 Par
Partager :

Une Rivière, l’Aure, disparaît sous la terre avant de ressurgir dans la mer

Depuis des siècles, la population locale avait remarqué que l’Aure et la Drôme disparaissaient à trois kilomètres de Port-en-Bessin, au niveau des Fosses Soucy, Grippesulais et Tourneresses. Les textes les plus anciens datent du XVIIIe siècle et mentionnent déjà ce phénomène. Le lien entre les pertes et les résurgences de Port-en-Bessin et du littoral proche avait été établi. Les lavandières bénéficiaient de cette eau douce à marée basse pour laver le linge. Cependant, le mystère demeurait.

En 1906, Bigot réalise un traçage à la fluorescine puis, en 1966 et 1967, le service géologique régional (BRGM – Pascaud et Roux), par la coloration des Fosses, établissement avec certitude que la rivière qui disparaissait aux Fosses resurgit sur trois groupes. Mais ces parcours souterrains de la rivière restèrent totalement inaccessibles à l’homme jusqu’en 1981. Cette année-là, un ouvrage d’art réalisé par l’équipement sur la D6, à la suite de deux effondrements survenus en 1928 et en 1931, permet aux premiers spéléologues, par ce puits accédant directement au réseau souterrain, de découvrir un monde encore inviolé par l’homme.

Vue d'une résurgence d'eau douce, L'Aure, à Port-en-Bessin.

Vue d’une résurgence d’eau douce, L’Aure, à Port-en-Bessin. (Photo Lithothèque de Normandie)

Pertes et résurgences…

L’Aure supérieure prend sa source sur le plateau de Caumont-l’Eventé avec une direction générale Sud Ouest – Nord Ouest puis décrit une courbe convexe vers l’est. Au nord de Bayeux, en arrivant au moulin du Mont, l’Aure heurte l’escarpement calcaire du Mont Cavalier et emprunte une direction Est-Ouest qu’elle ne quitte plus jusqu’aux Pertes, le cours devient alors sinueux et c’est en aval du moulin Brandel que l’on rencontre les premières pertes : Pertes des Allouas.

Il vous reste 88 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°6 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS