Briques et silex : une association bien cauchoise
Dans le pays de Caux, falaises de craie, galets de silex et argiles du plateau ont fourni durant des siècles les matériaux d’une architecture singulière. Utilisés aussi bien pour la construction que pour l’ornementation, brique et silex témoignent d’un savoir-faire ancien qui a profondément marqué les paysages urbains et ruraux de cette partie de la Normandie.
Fenêtre du Palais Bénédictine, à Fécamp. Exemple de la polychromie jouant sur les matériaux : briques de couleur, silex noir, pierre, caractéristique du pays de Caux. (Photo Eric Bruneval © Patrimoine Normand)
Le pan de bois qui symbolise l’habitat normand n’est pas le mode de construction le plus répandu ; bien au contraire, les murs en maçonnerie composite prédominent dans le pays de Caux et notamment sur le littoral. Il peut arriver également que pans de bois et briques/silex cohabitent dans les mêmes rues. L’architecture normande a utilisé, au cours des siècles, les nombreux matériaux disponibles dans le sous-sol : outre le calcaire et le grès, taillé en mœllon, on trouve le silex et l’argile du plateau, transformée en brique brute ou vernissée, dans les nombreuses briqueteries.
« Galet » : le plus vieux mot du monde
Le galet, silex de notre littoral, peut se prévaloir de lettres de noblesse : n’est-il pas le plus ancien mot connu ?
Il provient de la fameuse racine pré-indo-européenne gal, ou encore gar, kar, kal, qui désignaient, pour nos ancêtres néolithiques, la pierre sous toutes ses formes : plus tard, le mot s’articule, devient caillou pour les Gaulois, calx, la chaux, et son dérivé calculus pour les Romains.
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