Cormeilles et Saint-Pierre-de-Cormeilles
Deux étapes charmantes en pays d’Auge
« C’est un trou de verdure où chante une rivière » : le célèbre vers d’Arthur Rimbaud pourrait presque s’appliquer à Cormeilles et à Saint-Pierre-de-Cormeilles, deux villages au passé préservé, situés entre Lisieux et Pont-Audemer. Autour de la distillerie, le pays d’Auge y exhale son parfum de pommes, tandis que le courant limpide de la Calonne vient murmurer l’histoire de l’abbaye Notre-Dame et celle de la « fée électricité ». Guidés par le Bonhomme Cormeilles, mascotte du bourg de 1 200 habitants, ouvrons les yeux : des curiosités nous attendent à tous les coins de rue.
Cormeilles. Un bel alignement de maisons à colombages, dans la rue des Drapiers. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Des débuts de bon augure
Un village s’épanouit, dès l’époque romaine, autour de la voie reliant Lisieux à Lillebonne. Pour surveiller le trafic, une tourelle est aménagée sur le mont Mirel, d’où l’on bénéficie d’une vue imprenable sur les alentours. L’histoire se poursuit au XIe siècle, sous l’égide d’un puissant seigneur, Guillaume Fitz-Osbern, proche compagnon de Guillaume le Conquérant. L’heure est au rayonnement monastique et à la naissance de nombreuses abbayes. Guillaume Fitz-Osbern crée ainsi en 1055, à Saint-Pierre-de-Cormeilles, une abbaye dédiée à Notre-Dame. Dans l’église du village se cache, au milieu de sept autres verrières signées François Décorchemont, un beau vitrail du grand artiste évoquant cette fondation.
Malgré ces débuts prestigieux, le monastère bénédictin connaîtra plus de bas que de hauts. Les guerres de Cent Ans puis de Religion l’affaiblissent progressivement. Surtout, il su-bit le régime de la commende – qui désigne comme abbé un personnage puissant, invité à toucher les revenus de l’abbaye sans être contraint d’y séjourner. Les moines sont alors livrés à eux-mêmes. En 1726, l’abbé Charles d’Orléans de Rothelin prend les choses en main et fait reconstruire l’église, détruite dans un incendie en 1674, ainsi que le logis abbatial. Malgré ce bref renouveau, l’abbaye continue à décliner. En 1779, les plaintes au sujet de la conduite des derniers moines et du mauvais entretien de l’abbaye entraînent sa fermeture.
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