La fondation de la Normandie
Et les derniers Vikings en Francia occidentalis
L’avènement de Charles le Simple en 898 signe le retour au pouvoir de la vieille dynastie carolingienne. Rien ne peut plus cependant s’effectuer sans l’aval des grands, désormais suffisamment puissants pour faire ou défaire des monarques au pouvoir vacillant. Dans un monde bouillonnant, en plein processus de désintégration politique, des bandes vikings continuent à sévir.
Vitrail de l’église Notre-Dame de Saint-Clair-sur-Epte représentant l’accord de 911 : à gauche, Charles le Simple ; à droite, Rollon. (© Patrimoine Normand)
Présentons d’abord quelques-uns des acteurs principaux des événements à suivre, une poignée de personnages opportunistes qui ont su détourner à leur profit les prérogatives régaliennes. Pour certains, ils lèvent maintenant sur leurs terres impôts et armées, dressent des fortifications, rendent la justice battent monnaie et n’hésitent plus à se parer du titre de princeps (prince), jusque-là réservé au seul roi, ou de dux (maître de plusieurs comtés).
Au sud, Èbles Manzer, comte de Poitou, étend son autorité vers le sud et sera plus tard le maître incontesté de l’Aquitaine ; au nord, Baudouin II tient fermement le comté de Flandre ; à l’est, le comte Herbert Ier de Vermandois, bientôt remplacé par son fils, le terrible Herbert II, règne en quasi souverain sur la Picardie et une bonne partie de la Champagne ; un peu plus au sud s’étendent les possessions de Richard le Justicier, considéré comme le fondateur du duché de Bourgogne ; à l’ouest, le roi Alain le Grand connaît une fin de règne à peu près paisible en Bretagne ; mais le plus influent de tous ces potentats est assurément le marquis de Neustrie (entre Seine et Loire, pour simplifier) Robert, frère du défunt roi Eudes. Dans le même temps, des pans entiers de territoire sont aux mains des Vikings, avec des implantations déjà permanentes : c’est notamment le cas du pays de Caux et du nord Cotentin. Dans ce paysage chaotique d’où émergent les premières entités féodales, le jeune Charles le Simple ne peut compter que sur le prestige inhérent à sa dynastie et l’aura divine de sa fonction, même s’il vont déclinant, seuls gages du soutien des grands.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans le hors-série « Vikings » en intégralité, vous pouvez acheter le hors-série en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
