PATRIMOINE NORMAND

La redécouverte de l’héritage scandinave

En juin 1911, à Rouen, la Normandie fête en grande pompe le millième anniversaire de sa naissance. Cet événement hors norme aurait pu marquer le point de départ d’une prise de conscience collective de la valeur de l’héritage historique normand, si…En juin 1911, à Rouen, la Normandie fête en grande pompe le millième anniversaire de sa naissance. Cet événement hors norme aurait pu marquer le point de départ d’une prise de conscience collective de la valeur de l’héritage historique normand, si…

Commémorations des mille ans de la Normandie. « Arrivée de Rollon sur son drakar [sic]. » (© Coll. Stéphane William Gondoin)

Commémorations des mille ans de la Normandie. « Arrivée de Rollon sur son drakar [sic]. » (© Coll. Stéphane William Gondoin)

Mis à jour le 16 novembre 2025 à 17:34 Par
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Au cours du XIXe siècle, de grands savants se penchent sur la période médiévale et posent le socle scientifique nécessaire à l’évolution des connaissances relatives à la Normandie ducale, ainsi qu’aux Scandinaves qui l’ont fondée. Malgré ses approximations et certaines thèses pour le moins datées, l’une des premières œuvres d’importance traitant du sujet est l’Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands, du Blésois Augustin Thierry (1795-1856), publiée en 1825. Dans son sillage s’engouffre toute une génération de chercheurs normands, parmi lesquels Arcisse de Caumont (1801-1873), l’abbé Cochet (1812-1875), Léopold Delisle (1826-1910) ou encore Jules Lair (1836-1907). Ce dernier notamment, donne en 1865 une édition critique du De moribus et actis primorum Normanniae ducum de Dudon de Saint-Quentin, qui fait encore référence. Et pour cause, puisque c’est la seule à ce jour… Les travaux de ces pionniers ne connaissent toutefois qu’une diffusion restreinte et ne dépassent guère les limites des cercles érudits.

Un beau dimanche de printemps, à Rouen

Le premier véritable événement populaire autour de cette tranche du passé de la Normandie, se déroule à Rouen au mois de juin 1911, à l’occasion des dix siècles de l’accord de Saint-Clair-sur-Epte. La presse nationale se fait largement l’écho d’une manifestation festive, à l’instar du Matin qui publie en une de son édition du 3 juin 1911 : « C’est une joie de voir ressusciter, dans le cadre indissoluble de l’unité française, le ferment de nos originalités provinciales. […] Cette année, les Normands s’apprêtent à fêter le millénaire de leur mariage avec cette princesse de noble origine qui, en s’unissant à eux, s’est grandie devant l’humanité : la  » douce France « . » Séjournent pour l’occasion en Normandie maints représentants norvégiens ou danois, qui offrent pour les uns une splendide reproduction à échelle réduite du navire d’Oseberg (aujourd’hui exposée au musée Les Pêcheries de Fécamp), pour les autres une copie de l’une des pierres de Jelling (plantée au pied du flanc sud de l’abbatiale Saint-Ouen, à Rouen). Ces cadeaux deviennent les symboles des liens qui se resserrent entre les Scandinaves et leurs lointains cousins normands.

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