Le Haut-Perche, aux confins de la Normandie
Entre forêts, étangs, collines et villages anciens, le Haut-Perche dévoile un paysage singulier aux confins de la Normandie, du Maine et du Bassin parisien. Terre de frontières et de contrastes, cette région méconnue conserve un patrimoine remarquable, mêlant forteresses médiévales, chapelles isolées, manoirs et grands domaines au cœur d’une nature préservée.
Promenade aux confins de la Normandie, le Haut-Perche. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)
La Normandie est une région aux multiples paysages, aux économies diverses. Il y a loin entre le pays d’Auge, le Nord Cotentin et le pays de Caux. Il y a encore loin du Perche, situé au sud-est de la région Centre et la région Pays de Loire. Région vallonnée, fortement boisée et irriguée, où des secteurs moins boisés accueillent l’élevage (chevaux surtout) et des cultures de céréales, le Perche se situe entre les systèmes hydrauliques de la Loire et de la Seine. Les rivières qui y naissent (comme l’Eure ou la Jambée) ou traversent cette région s’écoulent donc ou vers le sud ou le nord. Les terres du Haut-Perche, imperméables, retenant l’eau et où sourdent de nombreuses sources, sont parsemées d’étangs, le plus souvent créés par l’homme, et de zones marécageuses. Ces étendues d’eau, rivières, accueillent une faune et une flore riches. Les étangs constituent notamment des abris pour les oiseaux migrateurs, ou les oiseaux hivernants qui s’y sont installés. Ils sont aussi fréquentés toute l’année par des oiseaux nicheurs, tels les hérons cendrés.
Historiquement, le Perche est une zone frontalière entre la Normandie, le Comté de Blois-Chartres et le Comté du Maine. Il forma même un petit-comté indépendant, dominé par les seigneurs de Bellême, puis les seigneurs de Rotrou. Le Perche n’appartenaient pas à la Normandie à la fondation de cette dernière. Cependant, il fut possédé par les seigneurs de Sées et d’Alençon, et donc proche des intérêts Normands. Cette position lui valut d’être fortifié (nombreuses mottes et château), enceint (un fossé fut entrepris par Henri Ier) puis par Henri II pour protéger la frontière normande, et souvent convoité. Le Perche ne fut cependant réellement intégré à la Normandie qu’en 1790, et encore, pas dans son intégralité, puisqu’il fut partagé entre l’Orne, l’Eure, l’Eure et Loir et la Sarthe.
Tour de l’église de Malétable et chevet de l’église. Tout en haut le groupe de la Salette, dans la verrière. La statue manquante à hauteur des statues d’archanges n’a jamais été mise en place. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)
Les ressources du Perche (bois, sable, minerai…) furent exploitées au cours du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle en petites industries, qui purent avoir une grande extension telle l’industrie du fer qui groupait non seulement l’extraction, la fonte et le travail du fer et de l’acier. La présence de sable, de bonne qualité, permit la création de l’industrie du verre, industrie renommée, qui fournit peut-être le verre des vitraux de la cathédrale de Chartres.
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