Patrimoine Normand

Bois-Guilbert : un jardin extraordinaire

Il est un jardin savoureux qui ne se goûte réellement que lorsqu’on est au milieu, en fermant les yeux. Un jardin qui ne se « voit » pas seulement mais qui vibre d’une telle intensité qu’il transmet au contemplateur une énergie vitale ressentie au plus profond de son être. Il est un jardin somptueux qui sert de tremplin magique à des rêveries cosmiques. Il est un jardin extraordinaire, fantasque, à la Trénet, à la limite du Pays de Caux et du Pays de BrayBois-Guilbert il se nomme, et c’est toute une histoire…

Bois-Guilbert : le château vu de la route. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)

Bois-Guilbert : le château vu de la route. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 2 mai 2026 à 22:34 Par
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Jouant de leur reflet dans des miroirs magiques, les chevaux marins, les gentils dauphins, les lions pacifiques, et les nombreuses statues extatiques racontent dans le gargouillis mélodieux de leur fontaine des bribes d’histoire de France où le merveilleux côtoie le fantastique.

La visite du roi

Avant de s’enfoncer plus avant dans le règne végétal qu’offrent ces jardins enchanteurs, admirons à l’entrée ce château classique en briques de Saint-Jean construit en 1625 par le seigneur Le Pesant qui avait acheté ce domaine. Le bâtiment d’origine, style Louis XIII, fut démonté en 1770 puis reconstruit en 1780 avec les mêmes matériaux mais modernisé dans l’esprit de l’époque avec notamment des ouvertures plus grandes. Au rez-de-chaussée où s’exposent en permanence les œuvres sculptées du maître de céans, on remarquera les grandes cheminées armoiriées et, sur les murs du salon en hauteur, des panneaux en bas-relief représentant les arts.

L’artiste Jean-Marc de Pas et son cheval sculpté. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)

L’artiste Jean-Marc de Pas et son cheval sculpté. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)

C’est au début de son installation, en 1633, qu’un hôte illustre s’arrêta en ce lieu : le roi Louis XIII en personne, accompagné de la reine Anne d’Autriche, du cardinal de Richelieu, et de toute la cour en grand apparat. Le couple royal se dirigeait vers Forges-les-Eaux pour une cure salutaire puisqu’elle devait aboutir à donner enfin un héritier à la couronne de France. M. Le Pesant, seigneur de Boisguilbert, put alors héberger ses collègues de Rouen plus quel­ques membres de la suite royale en son château en même temps que son neveu Pierre Corneille qui, officiellement ou non, faisait partie du voyage pour donner une pièce de théâtre à Forges devant toute la noble assemblée. Ce voyage fut d’ailleurs pour le jeune Corneille, grâce au cardinal, le début de sa notoriété.

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