Les plantes de la guerre
Plantes domestiquées en Normandie
Le mauvais temps, les crises économiques, la dernière guerre ont amené au jardin des plantes qui n’y avaient jamais été cultivées auparavant.
Topinambours. (© Christiane Dorléans)
Cela avait été le cas de la pomme de terre en Normandie peu de temps avant la Révolution. Dès 1766, Jean-François Mustel, agronome rouennais, avait fait cultiver près d’Alençon puis de Lisieux les premiers tubercules de pomme de terre. Il invente dans le même temps une recette de pain de pomme de terre appelé « Pain économique » dont les Normands se souviendront au temps de l’occupation, près d’un siècle plus tard.
Ces « fameux » topinambours
Les haricots « Soissons » à très gros grain sont apparus dans les jardins en 1940. Les fleurs de salsifis, les boutons de capucine entrent dans la salade « lui donnant un goût poivré surprenant et agréable ».
« Sur les marchés, on faisait passer des racines de consoude pour le scorsonère géant de Russie !1 »
« Au pensionnat à Livarot, à la rentrée de 1940, on nous servait au réfectoire des bettes justes cuites dans l’eau, sans aucun assaisonnement. C’était particulièrement mauvais ! »
Carotte jaune. Graines Caillard, 1937. (Coll. Christiane Dorléans)
Le topinambour, cultivé dans la région de Falaise tout au long du XIXe siècle, ne servait qu’à la nourriture des cochons. Sa culture et ses usages fourragers sont décrits dans l’Annuaire de falaise de 1830. Durant la Seconde Guerre mondiale, il sera très largement consommé, avec le rutabaga, dans toute la Normandie. Parfois l’un ou l’autre devient le plat principal. « A la crème, à la vinaigrette ou avec seulement de la moutarde, accompagné de pommes de terre cuites à l’eau qui remplaçaient alors le pain. « On a mangé des rutabagas en frites. Rien n’était perdu : les tiges et les feuilles étaient données aux lapins ».2
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Notes
- Enquête Vimoutiers (61)
- Témoignage Livarot (14)
