Patrimoine Normand

Lisieux, capitale du Pays d’Auge

1ère partie

Avant guerre, Lisieux, « capitale du pan de bois », était un objectif majeur des touristes d’alors. Détruite aux trois quarts en 1944, cette cité d’exception a alors perdu son âme que nous allons redécouvrir ici.

À l’angle des rues Porte de Paris (actuelle rue Henri-Chéron) et rue Haute-Boucherie (actuelle place Victor-Hugo), ces superbes maisons, immenses vaisseaux de bois, étaient parmi les plus belles de Lisieux. Elles ont été représentées ici par Robida vers 1880. Elles ont brûlé dans la fournaise de l’été 1944, image du drame subi par la ville. (Coll. Patrimoine Normand)

À l’angle des rues Porte de Paris (actuelle rue Henri-Chéron) et rue Haute-Boucherie (actuelle place Victor-Hugo), ces superbes maisons, immenses vaisseaux de bois, étaient parmi les plus belles de Lisieux. Elles ont été représentées ici par Robida vers 1880. Elles ont brûlé dans la fournaise de l’été 1944, image du drame subi par la ville. (Coll. Patrimoine Normand)

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Lisieux est bâtie au confluent de la Touques et de l’Orbiquet, encadrée de collines à l’orient et au ­cou­chant. Dès l’époque gauloise, un site proche du centre-ville actuel, à trois kilomètres au sud-ouest, l’oppidum du Castellier, est le siège de la tribu gauloise des Lexoviens, les Lexovii. Cette importante tribu gauloise est citée par César dans ses Commentaires. Elle avait son sénat et un magistrat suprême ­à­ sa­­ tête, le vergobret. Nous con­naissons les noms de deux d’entre eux : Cisiambos et Cattos. Elle battait monnaie et nous connaissons des pièces en bronze portant d’un côté la mention Simissos Publicos Lixovio et de l’autre Cisiambos Cattos Vercobreto. Nous savons aussi par César que cette cité était ceinte de murs. Ce sont ceux du Castellier, en murus gallicus, de quatre mètres de haut et enfermant une surface de 165 hectares, l’une des plus vastes enceintes de Gaule. Le territoire des Lexovii s’étendait entre la Dives à l’ouest et la Risle à l’est, soit l’actuel pays d’Auge et l’actuel Lieuvin (dont le nom dénote bien qu’il est une partie de l’antique cité des Lexovii). Tout ce territoire est soumis par César en 56 avant J.-C. Les Lexovii se soulèvent ensuite contre César à l’appel de Viridorix, fournissant un contingent de trois mille hommes. Mais tout rentrera dans l’ordre romain.

Avec l’occupation romaine, la cité quitte la butte du Castellier pour rejoindre la vallée, sur un carrefour de routes dominant légèrement le cours de la Touques. C’est tout d’abord un marché, d’où son nom gaulois de Noviomagos Lexoviorum, le « nouveau marché des Lexoviens ». Et Noviomagus devient une cité gallo-romaine qui perd son nom d’origine au IVe siècle, comme dans toute la Gaule, pour ne garder que ce­­­lui de la tribu. Augustodurum devient Bayeux (à cause des Bajocasses) et Noviomagus est maintenant appelée Civitas Lexoviorum. Puis ce sera Lixovium, Lixuvium, Licovinum, Lisovium, Lisieux est née.

Au même emplacement, légèrement décalées vers l'est pour élargir l’entrée de la place Victor-Hugo, ces bâtisses sans âme ont remplacé ces merveilleuses constructions de bois. On aperçoit sur la gauche une des ailes de l’hôtel de ville. (© Érik Groult)

Au même emplacement, légèrement décalées vers l’est pour élargir l’entrée de la place Victor-Hugo, ces bâtisses sans âme ont remplacé ces merveilleuses constructions de bois. On aperçoit sur la gauche une des ailes de l’hôtel de ville. (© Érik Groult)

Ce IVe siècle de notre ère est une période de mutation. Comme partout en Gaule, devant les risques d’invasions, la vaste cité antique se replie sur un castrum, comme à Bayeux ou à Évreux. Après l’enceinte gauloise, c’est la seconde enceinte dressée sur ce site. Arcisse de Caumont (Statistique monumentale du Calvados, t. III, p. 184.) note que la ville a été probablement « entièrement détruite vers la fin du IVe siècle, lors de la dernière invasion des Saxons, en 383 ».

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