Bayeux – Le quartier Saint-Sauveur
1re partie
Après les ravages de 1944, Bayeux est demeurée intacte, toujours enchassée dans un écrin de verdure, cité vieille de deux millénaires qui est la plus belle ville normande ; elle en est un peu une capitale patrimoniale, cité où aimait résider Rollon…
Les toits de Bayeux depuis la place du château (place de Gaulle) montrant les styles successifs qui se sont imposés dans cette ville : les flèches de la cathédrale (romanes et gothiques) un pignon du XVIe siècle, des cheminées Louis XIII, monumentales et très ornementées, une cheminée du XVIIIe siècle au premier plan. (Photo Georges Bernage © Patrimoine Normand)
Avec Rouen (Rotumagos), Évreux, Lillebonne, Lisieux, Valognes, Bayeux est l’une des plus anciennes cités de Normandie. C’est déjà une cité gauloise, la « capitale » de la tribu des Bajocasses, installée entre les rivières de la Vire et de la Seulles. Cette capitale, Civitas Bajocassini en latin, est implantée sur une pente douce à l’ouest de la vallée de l’Aure. C’est le siège de la tribu, son lieu de culte et son marché – ce dernier se tenait peut-être déjà à l’emplacement de l’actuelle place Saint-Patrice ; le marché se tenait déjà à cet endroit au Moyen Âge ! Ces Bajocasses battaient monnaies, celles-ci comportent souvent une tête d’Ogmios coiffée du sanglier et entourée de cordons de perles. Au revers, un cheval androcéphale est conduit par un aurige, un sanglier se trouve en dessous de ce cheval.
Puis, c’est la conquête romaine. La cité gauloise devient une vraie cité bâtie en pierre et prend le nom d’Augustodunum (« forteresse d’Auguste »). Ce terme dunum étant d’origine celtique, le nom est hybride ; des bornes milliaires portant ce nom ont été retrouvées. Bayeux est alors l’une des vingt-trois cités de la Seconde Lyonnaise. De nombreux vestiges antiques ont été mis en évidence à l’emplacement de cette ville. Ce sont tout d’abord les thermes ; il en existe sur deux sites. Le premier établissement thermal, hors de l’enceinte antique, a été découvert dans le secteur de l’église Saint-Laurent.
Statue par Decorchemont représentant Poppa, fille du comte du Bessin, Bérenger, concubine de Rollon et mère des ducs de Normandie érigée en 1891 au sommet d’une fontaine construite au centre de la Place du château, actuelle Place de Gaulle. Elle rappelle les amours bayeusaines de Rollon et son rôle capital dans la dynastie normande, ainsi que l’emplacement du château. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Le second a été découvert le 21 juillet 1882 lors de travaux de terrassement pour un hôtel des Postes (actuels 12 et 12bis rue Laitière) ; des vestiges d’hypocauste sont conservés dans le sous-sol de ce bâtiment. Des aqueducs amenaient l’eau à ces thermes, l’eau étant captée à proximité de l’actuelle abbaye de Mondaye. Des vestiges de cet aqueduc avaient été mis en évidence par Arcisse de Caumont à Monceaux : « Le fond sur lequel l’eau coulait et les parois du conduit étaient revêtus d’un enduit de ciment, mêlé de brique pilée. »
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