Le prieuré Sainte-Gauburge à Saint-Cyr-la-Rosière
Au cœur du Perche, le prieuré de Sainte-Gauburge offre un témoignage rare de l’architecture et de la vie monastique médiévales. Entre fondation, transformations et usages successifs, cet ensemble préservé retrace près de mille ans d’histoire religieuse et rurale en Normandie.
Le prieuré Sainte-Gauburge. À gauche, le logis du prieur avec son pignon du XIIIe siècle. Au centre, tourelle d’escalier, fin XVe début XVIe siècle, avec à droite le logis des moines du XIIIe siècle. Tout à fait à droite : l’église. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La fondation
Son histoire commence à l’aube du XIe siècle et si « l’An Mil voit la France se couvrir d’églises », les circonstances locales et générales sont défavorables à une Fondation monastique dans le Perche :
– Localement guerres féodales, isolement, terroir pauvre, ressources et dons en terre insuffisants.
– Au point de vue religieux : clergé séculier médiocre n’ayant pas adopté la Réforme de Cluny, ni mis en pratique la Réforme grégorienne (2e moitié du XIe siècle). Malgré l’intervention de l’évêque de Sées, qui donne le prieuré de Sainte-Gauburge en 1058 à l’abbaye de Saint-Pierre-de-Chartres, cette fondation est un échec.
La véritable fondation date du début du XIIe siècle quand l’abbaye royale de Saint-Denis reçoit le prieuré en donation. Saint-Denis, abbaye bénédictine, adhère tôt à la Réforme clunisienne ; abbaye royale, elle jouit d’un grand prestige et d’une grande puissance. Cette situation nouvelle provoque de nombreuses donations et assure au prieuré une indépendance vis-à-vis des seigneurs de Bellême avec droit d’appel devant le parlement de Paris. Il est aussi le siège d’une châtelaine indépendante.
L’église du prieuré Saint-Gauburge. À gauche, le clocher de la fin du XVe siècle avec la chapelle de Saint-Sébastien (1509) au premier niveau. À droite, le chœur du XIIe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Abbayes et prieuré
Les abbayes d’Occident avaient choisi la règle de saint Benoît. La communauté séparée du monde par une clôture matérialisée par le « mur de clôture » vit sous l’autorité de l’abbé. La vie est partagée entre la prière et le travail. La prière est rythmée par la liturgie avec sept offices ou heures. Il y a deux sortes de moines : les moines de « chœur » astreints aux sept offices sont prêtres. Ils exercent souvent des travaux intellectuels copies de manuscrits, recherches bibliques…
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