L’abbaye de Saint-Évroult
De Saint-Pierre à Notre-Dame
Nichée au cœur de ce pays d’Ouche si cher à Jean de La Varende, à mi-chemin entre Gacé et L’Aigle, l’ancienne abbaye Notre-Dame fut l’un des grands centres intellectuels normands de l’époque ducale. Malgré une destruction systématique de ses bâtiments dans le sillage de la Révolution, il en demeure des vestiges imposants plantés au milieu d’un cadre verdoyant en bordure d’un étang.
L’abbaye de Saint-Évroult. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Outre Dom Lenoir, dont nous venons d’éclairer le travail discret sur les documents émanant de la Chambre des comptes, le monastère de Saint-Évroult-Notre-Dame-du-Bois est également réputé pour avoir abrité un autre bénédictin célèbre sa vie durant : Orderic Vital (1075- v. 1141), premier véritable historien de la Normandie, auteur d’une monumentale Historia Ecclesiastica (Histoire de l’Église). Sans ce personnage, nous ne saurions rien – ou presque – de la fin du règne de Guillaume Conquérant, ainsi que des dissensions qui opposèrent ses fils, puis ses petits-enfants1.
Le monastère des origines
Saint-Évroult passe pour l’un des plus anciens monastères implantés sur le territoire de ce qui deviendra plus tard la Normandie. Orderic nous raconte comment un nommé Ebrulfus (Évroul), né dans une noble famille de Bayeux, fréquente la cour du roi mérovingien Clotaire Ier (511-561), avant de répondre à l’appel de Dieu et d’entrer en religion à l’abbaye de Deux-Jumeaux (Calvados).
Retrouvez cet article dans son intégralité
Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°116. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
La Côte des Îsles – Entre falaises, havres & dunes