Les dinosaures du Havre…
La silhouette d’un ptérosaure, reptile volant du Crétacé. (Photos © Marie-Charlotte Nouvellon)
Improbable ! C’est le premier mot qui vient à l’esprit en songeant à l’incroyable saisie réalisée par les douaniers du port du Havre le 6 août 2013. À l’origine de cette affaire, le flair des fonctionnaires, étonnés de voir sur les papiers d’expédition qu’un container en provenance du Brésil contenait seulement du quartz. Pourquoi s’échiner à faire traverser l’Atlantique à un minéral sans valeur financière ? Et puis, à l’inspection, c’est la stupeur : dissimulées dans des fûts métalliques, enroulées dans du papier journal, sont tirées l’une après l’autre 998 plaques calcaires où apparaissent les fossiles d’animaux et de végétaux disparus depuis des dizaines de millions d’années : des plantes, des insectes, des dinosaures, des poissons, un véritable instantané de l’écosystème sud-américain au Crétacé (145 à 66 millions d’années). « Jurassik Park » débarqué d’un cargo…
Tous ces trésors ont été pillés sur le site brésilien d’Araripe, inscrit sur la liste des géoparcs mondiaux de l’UNESCO. Une enquête de neuf ans a permis de démanteler les filières amont et aval, et même de mettre fin à un trafic plus large encore, avec des ramifications en Mongolie, en Argentine, en Italie, en Turquie… Cet ensemble patrimonial à haute valeur scientifique a été restitué le 24 mai dernier, toujours au Havre, à un émissaire du gouvernement brésilien. Plus globalement, en 2021, les services douaniers ont saisi en France 6377 biens à valeur culturelle, monnaies gauloises, manuscrits, toiles, dessins, objets archéologiques…
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°122. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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