Le camembert :
mégastar planétaire ?
Le camembert : mégastar planétaire ? (© Jean-Luc Péchinot)
Selon vous, quel point commun existe-t-il entre les traditions du couscous dans les pays du Maghreb, l’art du pizzaiolo napolitain et la culture de la bière – avec modération ! – en Belgique ? Eh bien, tous trois sont inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, à l’instar du repas gastronomique français d’ailleurs. Et si le camembert venait s’ajouter à cette table déjà bien garnie ? Un rêve illusoire ? Pas tant que cela…
Notre bon vieux camembert est le fruit d’environ 250 ans de gourmandise. La légende – ou la tradition, si vous préférez – attribue son invention à Marie Harel, fermière des environs de Vimoutiers, dont le savoir-faire n’avait rien à envier à celui de la célèbre Laitière de Vermeer. Hélas, le nom de ce fromage n’ayant jamais été protégé, n’importe qui peut en fabriquer n’importe où et n’importe comment, à l’image des fameux couteaux Laguiole plagiés sans vergogne. C’est ainsi qu’il existe du « camembert »… russe (!), un autre… chinois, etc. Sans parler des produits des géants de l’agroalimentaire bien français, qui n’ont qu’un cousinage très relatif avec notre cher clacos.
Il n’y en a pourtant qu’un seul de parfaitement authentique, celui estampillé de l’AOP Camembert de Normandie. Enfant du bocage augeron, fabriqué avec du lait provenant à 50 % de vaches de race normande, moulé à la louche selon un cahier des charges millimétré, son goût reste inimitable. Si le pari est loin d’être gagné, il est aussi loin d’être perdu, histoire de préserver notre patrimoine ancestral. Avec, en point d’orgue, le millénaire en… 2035 !
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