Château d’Acquigny
Au fil de l’eau et de l’histoire familiale
Sur les grilles d’entrée du château d’Acquigny, à quelques kilomètres de Louviers, des mains tendrement enlacées placent d’emblée la propriété sous le signe de l’amour… La belle demeure et son parc forment de fait un havre de paix et de sérénité. Dans les temps chaotiques que nous vivons, nous ne bouderons pas notre plaisir en nous y aventurant…
Un écrin de verdure au cœur de la Normandie : le château d’Acquigny. (© Charles Faye)
Le château de l’amour
Arrosé par l’Eure et l’Iton, le site d’Acquigny est propice à la construction d’un château. Une forteresse y est d’ailleurs bâtie dès le XIe siècle par les Tosny, à des fins stratégiques dans cette zone frontalière entre la Normandie et le Royaume de France. Après bien des péripéties, la forteresse est démolie en 1378, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi de France, Charles V, comme le mentionnent les Chroniques de Froissart.
Sa destruction offre aux propriétaires suivants une page blanche, pour écrire un nouveau chapitre de l’histoire. Plus question, cette fois, d’une austère construction militaire… Les atouts du site (l’eau, l’agrément du climat, sans oublier un bel espace alentour pour aménager des jardins), encouragent Anne de Laval, cousine du roi de France Henri II et héritière de la prestigieuse dynastie des Montmorency-Laval, à y faire construire, avec son époux Louis de Silly (1510-1557) une demeure de plaisance dans l’esprit du temps.
Attribué à Philibert de l’Orme, grand architecte de la Renaissance habitué des commandes prestigieuses, à commencer par le château d’Anet, le chantier fait d’Acquigny bien plus qu’une confortable « maison des champs »… Ses commanditaires forment en effet, semble-t-il, un couple épris, soucieux d’immortaliser son amour dans la pierre. Philibert de l’Orme reçoit donc pour instruction de dessiner le plan du château autour des quatre initiales entrelacées des noms et prénoms des propriétaires, soit A.L.L.S. Un abécédaire amoureux, servi par une architecture virtuose, sans équivalent, du moins avec quatre lettres…
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