PATRIMOINE NORMAND

La fonderie Cornille-Havard

à Villedieu-les-Poêles

­­L’entreprise Cornille-Havard, installée dans la petite bourgade de Villedieu-les-Poêles, reste hors du temps et perpétue le savoir-faire ancestral de la fonderie de cloches. Il ne reste aujourd’hui que deux entreprises spécialisées dans ce domaine en France et une trentaine dans le monde. Le décochage, le 9 février 2024, de la cloche Julie, destinée à l’abbaye de Fontevraud, nous donne l’occasion d’aborder cette industrie sourdine si singulière.

L’atelier de la fonderie Cornille-Havard. L’artiste Vincent Olinet (à gauche de la photo) réalise les décors sur la fausse cloche Julie. (© Tomasz Namerla/Abbaye royale de Fontevraud)

L’atelier de la fonderie Cornille-Havard. L’artiste Vincent Olinet (à gauche de la photo) réalise les décors sur la fausse cloche Julie. (© Tomasz Namerla/Abbaye royale de Fontevraud)

Mis à jour le 1 novembre 2025 à 15:20 Par
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En effet, depuis la création de l’atelier en 1865, la fonderie Cornille-Havard perpétue l’art des saintiers et permet aux clochers de continuer à sonner comme aux premiers temps de la chrétienté. Comme l’explique Paul Bergamo, directeur de la fonderie, « une cloche est à la fois une pièce de fonderie d’art, un instrument de musique et un objet d’art sacré chargé de symboles. » Aujourd’hui, l’entreprise est mondialement reconnue pour son expertise et pour la qualité de ses réalisations.

La fonte de cloches à Villedieu-les-Poêles ­

Un petit bourg nommé Siennestre, installé le long de la Sienne, est mentionné au XIe siècle à l’emplacement probable de l’actuelle Villedieu. Cependant, c’est au début du XIIe siècle que la ville naît réellement, grâce aux libéralités de Henri Ier Beauclerc. Le duc-roi octroie l’autorisation de construire une commanderie aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. La Gesta Normannorum ducum de Guillaume de Jumièges relate que « ces serviteurs du Christ bâtirent un bourg appelé Villedieu ». L’absence de taxe royale favorise la vie économique de la cité, qui accueille rapidement marchands et artisans. Ces derniers se tournent instinctivement vers le travail du cuivre. En effet, la région est idéalement placée, au carrefour de la route du cuivre (entre le sud de l’Espagne vers l’Europe du Nord) et de la route de l’étain – extrait des îles Britanniques et exporté vers le sud et l’est de l’Europe. Au XIVe siècle, les poesliers s’organisent en corporation. Leurs statuts sont approuvés par la commanderie en 1328. À partir du XVIe siècle, la ville commence à se diversifier dans la fonderie.

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