PATRIMOINE NORMAND

Grand Bunker de Ouistreham

Le musée du Mur de l’Atlantique

10 juin 1944, deux heures du matin. Accompagné de trois soldats, le lieutenant Bob Orrell parvient au bout de quatre heures à forcer l’entrée d’une étrange construction du Mur de l’Atlantique. Les hommes trébuchent sur deux caisses de grenades, quand une voix en provenance des étages leur demande dans un anglais parfait de monter les rejoindre. L’officier britannique retourne l’invitation en les conviant à descendre ! Près de quatre jours après le Débarquement, il reçoit ainsi la reddition des 52 occupants du Grand Bunker.

Grand Bunker de Ouistreham : le musée du Mur de l’Atlantique. (© Musée du Grand Bunker)

Grand Bunker de Ouistreham : le musée du Mur de l’Atlantique. (© Musée du Grand Bunker)

Mis à jour le 30 novembre 2025 à 11:57 Par
Partager :

L’histoire du blockhaus se confond avec celle du Mur de l’Atlantique. Dès 1941, l’Organisation Todt transforme les grands ports occupés en forteresses contre toute tentative d’invasion. Fritz Todt est un ingénieur allemand, fervent partisan du nazisme depuis 1922. Cet ancien combattant de 14-18 reconverti dans le génie civil est chargé en 1933 par Hitler de créer le réseau d’autoroutes du Reich. En 1938, il achève la Ligne Siegfried et fonde l’organisation qui portera son nom, en abrégé « La Todt ». Ce pilier majeur de l’Allemagne nazie ne cesse de monter dans l’estime du Führer, qui le charge d’édifier sur plus de 4 000 km ce fameux Mur de l’Atlantique. Il meurt en 1942 dans un accident d’avion ; Albert Speer, architecte en chef du parti nazi, le remplace.

Un élément essentiel sur la côte

Le 19 juin 1940, l’armée allemande investit Ouistreham, où elle installe d’emblée des pièces de DCA. Confiant dans une invasion rapide de l’Angleterre, le haut commandement n’y établit toutefois que des constructions sommaires et provisoires. Tout change à partir de 1942, quand l’occupant se rend compte qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. Face aux Anglais invaincus, la station balnéaire se meut en un glacis militaire sur une profondeur de 4 km, où tous les déplacements sont contrôlés par la Feldgendarmerie. C’est aussi le début de la construction du Mur de l’Atlantique.

Il vous reste 92 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°101 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS