La Clameur de Haro a retenti en Normandie !
Plus précisément, elle a retenti en Normandie insulaire, puisque le droit normand n’est plus appliqué sur le continent depuis la Révolution1. Le 14 décembre dernier, fait extrêmement rare, un Guernesiais de 52 ans a fait appel à la justice ducale en poussant le vieux cri de nos ancêtres. L’objet du litige ? L’accès imminent des autorités à sa propriété, acte qu’il estime illégal.
Devant témoins, Neil Ozanne prononce la Clameur de Haro auprès de l’objet du litige. (© The Guernsey Press)
Depuis plus d’un an, Neil Ozanne refuse de faire disparaître de son terrain l’épave de sa Kia Sportage ! Faisant état d’un acharnement qui selon lui confine à la persécution, il s’oppose de même à ce que le service d’urbanisme de sa paroisse de Saint-Martin procède à son enlèvement, une obstination bien de chez nous, car il est connu que le Normand est volontiers chicanier !
Relevons au passage que le plaignant porte un nom typiquement normand : Neil est la version anglaise de Néel, un prénom d’origine iro-norvégienne2. Les Ozanne ou Ozenne sont nombreux en Normandie ; selon certaines sources3, ce nom pourrait être une déformation de Hosannah, et être lié à la fête des Rameaux, mais comment ne pas plutôt y voir la racine Ase (dieu scandinave), comme dans Auzou ou Ozouf (de Asùlfr, le loup des Ases), ou encore dans Osmond ou Aumont (Àsmundr) ? Il suffit au demeurant d’ouvrir un annuaire de la Manche ou du Calvados, et d’y relever la fréquence de ces noms, pour en être convaincu.
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