Sainte-Adresse
« Bruxelles normande »
Quand tonnent les premiers coups de canon de la Grande Guerre, au mois d’août 1914, Sainte-Adresse vit comme toutes les autres communes de France au rythme de la mobilisation générale et du départ de ses hommes vers le front. Personne n’imagine alors le rôle exceptionnel que cette petite cité balnéaire de la côte normande s’apprête à jouer dans le drame en gestation.
L’immeuble Dufayel, qui abrita de nombreux ministères. C’est aujourd’hui le plus important témoin de la présence belge à Sainte-Adresse. (© Stéphane William Gondoin)
Le 28 juin 1914, l’attentat de Sarajevo coûte la vie à l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et à son épouse, l’archiduchesse Sophie. L’Empire austro-hongrois tarde d’abord à réagir, puis se tourne contre la Serbie, état balkanique qu’il désigne comme responsable du double assassinat. Le 23 juillet, il pose à cette Serbie un ultimatum aux conditions inacceptables, décrète la mobilisation partielle le 25, lui déclare la guerre le 28. Le 29, les canons autrichiens crachent le feu sur Belgrade.
Dès lors, le cours des événements s’enclenche à une vitesse folle, entraîné mécaniquement par le réseau d’alliances stratégiques et militaires tissé depuis une vingtaine d’années. La Russie, alliée de la Serbie, décrète le 30 juillet la mobilisation générale contre l’Autriche-Hongrie. L’Allemagne, alliée de l’Autriche-Hongrie, sent depuis plusieurs jours le vent tourner et masse en toute discrétion des troupes près de ses frontières française et russe. Le 31 juillet, elle proclame le Kriegsgefahrzustand (état de danger de guerre). Le même jour, pendant que l’Autriche-Hongrie décrète à son tour la mobilisation générale, des coups de feu claquent à Paris, dans le café du Croissant, à Montmartre : Jean Jaurès, pacifiste fervent, s’effondre raide mort.
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