La fin de la guerre de Cent Ans en Normandie
Le 12 août 1415, le roi d’Angleterre Henry V débarque au lieu-dit Chef-de-Caux1, dans les environs du cap de la Hève, sur la rive nord de l’estuaire de la Seine. Harfleur, alors considéré comme le « souverain port de toute la Normandie » selon un auteur contemporain, constitue sa cible principale. La première étape vers la soumission de l’ancien duché de Normandie et le point de départ de trois décennies d’occupation.
Bataille de Formigny (15 avril 1450).Victoire décisive des forces françaises et bretonnes sur l’armée anglaise de Kyriell, elle mit un terme à la domination anglaise en Normandie et ouvrit la voie à la restitution définitive de la province à la couronne de France. (Miniature de la Cronicque du temps de très chrestien roy Charles VII, XVe siècle — BnF, Ms. Français 2691, fol. 183r)
Ne décelons cependant pas chez Henry une simple volonté de recouvrer les terres de son lointain ancêtre, Guillaume le Conquérant. Outre-Manche, on a depuis belle lurette oublié les exploits de ce Normand des tréfonds du XIe siècle. Autant dire une éternité ! Le souverain britannique se revendique par contre l’héritier légitime du trône de France, et c’est l’ensemble du pays qu’il entend placer sous son autorité. La Normandie n’est dans son esprit qu’une simple étape sur la voie d’une nouvelle couronne.
La conquête anglaise (1415-1419)
En cet été 1415, environ 12 000 soldats posent le siège sous les remparts d’Harfleur, qui n’a d’autre choix que de se rendre le 22 septembre suivant, faute de renforts, malgré une résistance héroïque. Henry en chasse la population, y laisse une garnison et entreprend de remonter par voie terrestre jusqu’à Calais, bastion anglais depuis 1347. Comme autrefois son aïeul Édouard III à Crécy (1346), il inflige aux Français en cours de route une cinglante défaite à Azincourt (Pas-de-Calais, 25 octobre 1415), décapitant pour deux décennies l’élite militaire du royaume des Lys. Une victoire navale sur ses ennemis en baie de Seine (1416) et une autre à Saint-Vaast-la-Hougue (29 juin 1417), préfigurant le désastre que subira la flotte de Louis XIV en ce même lieu en 16922, lui assurent la supériorité maritime. Il débarque donc sans péril à l’estuaire de la Touques le 1er août 1417 et peut lancer les grandes manœuvres : facilement maître de Lisieux, il s’empare dans la foulée des abbayes, de la ville et du château de Caen (septembre 1417). Ses hordes foncent ensuite tous azimuts et enchaînent les succès à Bayeux, Argentan, Sées, Alençon, avec plus ou moins de facilité. Le château de Falaise tient de la Toussaint jusqu’au 16 février 1418 ; Évreux tombe en mai suivant. Il progresse aussi dans le Cotentin, enlève Carentan, Saint-Sauveur-le-Vicomte et Cherbourg, ce dernier port après cinq mois de lutte, en septembre 1418.
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