L’hôpital Saint-Louis de Caen :
trois siècles d’histoire sociale sur DVD
Les nouvelles technologies nous proposent d’autres façons de consulter les ouvrages historiques. Si cliquer sur une souris d’ordinateur offre peu de rapport avec le plaisir de laisser courir ses doigts sur les pages d’un livre, le procédé présente l’avantage d’une reconstitution virtuelle inaccessible par les voies ancestrales. Le DVD Rom réalisé à l’instigation du docteur Nicolle propose une visite de l’hôpital Saint-Louis de Caen, depuis sa création en 1659, jusqu’à sa destruction au XXe siècle.
L’hôpital Saint-Louis de Caen. Façade principale sur la rue, les bâtiments étant centrés sur la chapelle dont on aperçoit ici la façade. (© Comité de Recherche Caennais sur l’Histoire de l’Enfance)
De tout temps, le spectacle de la mendicité « fait désordre » dans les rues d’un pays. En ce moment même, autorités, associations et médias ne se mobilisent-elles pas pour venir en aide aux plus démunis, relayant ainsi une pratique largement antérieure au christianisme ? Il est vrai que l’exercice de la charité est pour les chrétiens un bon moyen de s’épargner quelques années de purgatoire, voire de gagner un aller simple pour le paradis, aussi l’aide aux pauvres, essentielle dans le message évangélique, ne peut-elle en aucun cas disparaître sans porter atteinte au message du Christ. Encore faut-il que cette générosité, gratuite ou intéressée, fasse preuve de discernement et s’applique à ceux qui en ont réellement besoin. Pas question d’encourager la paresse ou la crédulité des nantis ! Aussi, dès le début du XVIe siècle, des mesures sont-elles prises pour lutter contre la mendicité et répondre à la pauvreté en distinguant les vrais pauvres des faux.
Cette attitude prend au XVIIe siècle la forme d’une loi : la mendicité devient un délit qu’il convient de réprimer comme tel. En juin 1659, des lettres patentes de Louis XIV précisent les missions de l’hôpital. Afin de canaliser les élans naturels des donateurs, les aumônes individuelles, impossibles à contrôler, sont supprimées et remplacées par une aumône publique, produit d’une collecte étendue à de très nombreux métiers et corps sociaux. En somme, une sorte d’impôt destiné à atténuer les effets de la pauvreté grâce à une aide ciblée. Ce sera le rôle des hôpitaux généraux, sous la triple devise « enfermement, travail, assistance » !
Bâtiment de liaison avec la chapelle, depuis la cour nord. Infographie inspiré du bâtiment de liaison. (Extrait de L’Hôpital Saint-Louis du XVIIe au XXe siècles © Association CRECHE)
Quatre ans auparavant, l’assemblée générale de la ville de Caen (l’équivalent du conseil municipal) prenait la décision de créer l’Hôpital Saint-Louis, selon des contours précisés en 1659 : il faut « empêcher la mendicité et la fainéantise des pauvres et pourvoir à leur subsistance, associer pitié et police » !
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°61 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
