Les Ouées de Pirou : la comédie musicale de Magène
« J’i rêvaé de Thor, reide enragi. Gimaez, fèmes, j’allons touot ravagi ! » Trente choristes chantent sous la direction minutieuse et exigeante de Jean-Louis Dalmont. L’enregistrement du dernier disque de Magène touche à sa fin. On connaissait l’association pour la mise en chansons de poèmes rédigés en normand. Cette fois, la gageure est plus osée encore, car il s’agit, ni plus ni moins, d’une comédie musicale, la première au monde dans la langue de Louis Beuve, Gires Ganne et Marcel Dalarun.
Les choristes des Marins du Cotentin en pleine action guerrière. (© Thierry Georges Leprévost)
Un pari ambitieux, mais le sujet abordé se révèle à la hauteur de cette ambition : la célèbre histoire des Oies de Pirou, dans le Cotentin, sans doute la plus ancienne légende de notre culture normande.
Au départ, c’était, dans un numéro spécial bilingue de l’excellente revue de Bricquebec La Voix du Donjon, un récit rédigé et c’est un exploit littéraire ! par l’écrivain normanisant Alphonse Allain : la traduction d’un texte de Claude Pithois, du reste publié dans le même exemplaire, qui racontait la légende en l’expliquant.
La revue La Voix du Donjon n° 24, printemps 2000. Légendes du Cotentin – Les ouées de Pirou. (DR)
Peu à peu germe l’idée d’aller plus loin dans l’interprétation des Ouées de Pirou. Et pourquoi pas une comédie musicale ?! Magène s’enthousiasme à cette perspective. Alphonse Allain reprend son œuvre pour la versifier, toujours dans la langue unifiée par Gires Ganne, alias Fernand Lechanteur. Le poète Marcel Dalarun, Rémi Pézeril, de Magène, et les Amis du Donjon l’assistent dans sa tâche.
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