Patrimoine Normand

Les bâtisseurs normands et la pierre d’Orival

Dans la région de Creully, aux abords de la Seulles, située sur le territoire d’Amblie, se trouve le long d’un petit chemin qui court de Creully à Colombiers-sur-Seulles, une carrière de pierre dont l’exploitation est toujours présente. De nos jours, aux temps les plus reculés, la pierre dite d’Orival a toujours été prisée pour la construction et la sculpture.

La Pierre d’Orival, située à Ponts-sur-Seulles, dans le Bessin, est une carrière implantée à proximité de la Réserve naturelle régionale des anciennes carrières d’Orival. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

La Pierre d’Orival, située à Ponts-sur-Seulles, dans le Bessin, est une carrière implantée à proximité de la Réserve naturelle régionale des anciennes carrières d’Orival. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

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Pierre très dure et très pure, composée d’environ 90 % de carbonate de calcium (CACCO 3). Il s’agit de débris de coquillages, roulés par les courants. C’est un calcaire biolastique (clastos = débris et bios = organisme vivant) fin avec de rares copeaux argileux. L’examen au microscope montre que la pierre d’Orival est constituée de débris de coquillages très fins dont la taille est de 100 à 200 micromètres de diamètre. On parvient à reconnaître des fossiles de brachiopodes, de bryozoaires, d’échinodermes et de lamellibranches et mollusques divers. Il s’agit d’un calcaire beige jaunâtre à rosé, à stratification bien visible sur le front de taille. Les résidus de coquillage et d’organismes calcaires sont bien calibrés et très usés, cela indique un transport long et important, avant leur dépôt définitif dans un ciment de calcite claire.

Cela nous montre que les courants dans le secteur d’Orival étaient forts pour empêcher le dépôt de boue fine, carbonatée ou argileuse. La trouvaille de coquillages fossilisés ou squelettes d’animaux marins nous prouve l’existence des zones de calme dans le creux des dunes hydrauliques. Les dépôts nous laissent supposer que l’eau était assez faible (5 à 20 m). L’observation du front de taille de la carrière pouvant atteindre une dizaine de mètres de hauteur nous permet de voir la stratification entrecroisée qui atteste le dépôt de sédimentation dans un milieu où les courants sont très agités.

La pierre d'Orival.

La pierre d’Orival. (© La Pierre d’Orival-Creully)

Dans la pierre d’Orival les fossiles sont rares. On y trouve quelques mollusques comme les céphalopodes (calmar, seiches), des bivalves (sortes de pétoncles), des bryozoaires (petits animaux aquatiques) et quelques ossements de reptiles. La plus grande découverte dans les carrières d’Orival se situe au début des années 1970 environ. Par la mise au jour dans la partie droite de l’exploitation d’une mâchoire de crocodile, de nombreux crocodiliens parfois entiers découverts dans les carrières de Caen ont permis d’identifier celui d’Orival comme un « Teleosaurus cadomensis ». Teleosaurus signifie « lézard long » et cadomensis « que l’on trouve à Caen ».

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