Les fours à chaux du Rey
Témoins spectaculaires de l’essor industriel du xixe siècle dans le sud de la Manche, les fours à chaux du Rey dominent encore l’ancienne carrière de Regnéville-sur-Mer de leurs hautes tours massives. Restauré et mis en valeur, cet ensemble exceptionnel permet aujourd’hui de comprendre le fonctionnement d’une industrie autrefois essentielle à l’agriculture, au bâtiment et à l’économie portuaire de la région, avant que le ciment et les engrais chimiques n’entraînent son déclin.
Fours à chaux du Rey de Regnéville-sur-Mer – Vue sur deux des quatre fours de l’ensemble. Au centre, sans doute le plus ancien de tous. (Photo Erik Groult © Patrimoine Normand)
Récemment sauvés de la ruine et mis en valeur par le Conseil Général de la Manche, les fours à chaux du Rey sont parmi les derniers vestiges, et en bon état en ce qui les concerne, d’une industrie prospère de la fin du XIXe siècle. Comme un château fort, ses quatre tours massives émergent au fond d’une ancienne carrière pour défendre les débuts de notre ère industrielle. Elles ne pourront malheureusement rien face à l’utilisation grandissante du ciment dans le bâtiment et des engrais chimiques dans l’agriculture. L’ensemble industriel est donc peu à peu démantelé dans les années 1880, pour devenir, après une phase de friche, le musée que nous avons le loisir dorénavant de visiter.
Historique et visite des fours
L’utilisation de la chaux, notamment dans la construction, remonte aux Grecs. Les murs étaient auparavant solidifiés avec de l’argile (Préhistoire, début de l’Antiquité), du bitume à Babylone, du plâtre en Égypte. La composition de la chaux fut améliorée par les Romains (ciment romain) plus résistant que la chaux. Si les liants ont évolué depuis le Moyen Âge, la fabrication de la chaux, en revanche, n’a pas changé. On ne peut obtenir la chaux, en effet, qu’en brûlant des pierres à chaux, c’est-à-dire du calcaire. Les fours, dits à chaux, sont donc utilisés depuis l’Antiquité.
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